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Première rencontre entre les Jeunes et l'AJFER, en présence du président de la Région Réunion, Paul Vergès.
Le problème identitaire au cœur des problématiques de la jeunesse
La situation actuelle de la jeunesse réunionnaise est inquiétante : échec scolaire, illettrisme, grossesses précoces, délinquance, alcoolisme, inceste, drogue, obésité, violences intrafamiliales, chômage chez les diplômés comme chez les non diplômés… les jeunes subissent de plein fouet tous les revers d’une société où plus de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté…
Comment allons-nous bien pouvoir relever tous ces défis, nous jeunes Réunionnais, qui nous sentons souvent si impuissants devant une réalité économique et sociale aussi désastreuse?
Je dis qu’il faut se rappeler… il faut se rappeler tout d’abord que la scolarisation n’a été rendue obligatoire qu’en 1946, par la loi du 19 mars 1946, qui a rendu La Réunion Département français. Cela ne fait que cinquante ans que l’école est obligatoire à La Réunion : combien d’entre nous avons des parents qui n’ont que le certificat d’étude ? Combien d’entre nous avons des grands parents qui n’ont jamais mis les pieds à l’école ?
Nos 350 ans d’histoire sont marqués par deux siècles d’esclavage et un siècle de colonisation. Notre société porte encore les stigmates de ces siècles d’asservissement, NOUS subissons, nous les jeunes, encore les conséquences de notre histoire; et je dirais mieux, nous HERITONS des inégalités perpétuées par notre histoire.
A l’heure d’internet, facebook, à l’heure où l’on n’a de cesse de nous parler de la mobilité comme de la résolution ultime à nos problèmes, à l’heure où l’on est citoyen du monde, citoyen européen, citoyen français, notre histoire constitue- doit constituer- plus que jamais notre présent et notre futur. Qu’on le veuille ou non, nous sommes le produit d’une histoire, la situation qu’on décrit ce matin le montre bien.
Le jeune Réunionnais ne saurait être qu’une coquille vide à laquelle on aurait tenté de faire croire que ses ancêtres sont des Gaulois… et l’objet de toutes nos luttes ce matin ne saurait se faire sans reconquête identitaire par la jeunesse réunionnaise.
Les 60 ans de lutte qui ont été les nôtres pour obtenir l’égalité sociale promise par la loi du 19 mars 1946 ont été aussi des luttes culturelles et la crise récente de l’Outre mer montre que le questionnement identitaire est un problème fondamental rencontré par les ultramarins. Qu’est-ce que ça veut dire aujourd’hui être Réunionnais ? je vais être un peu provocatrice, mais qu’est-ce qui nous distingue, nous, jeunes Réunionnais des autres quand on voit que notre culture musicale se limite à ce qui passe sur Trace Tv ?? Quand on voit que l’ambians’ la Réunion c’est devenu Sean Paul, Lord kossity et cie….
Je vais redevenir plus politiquement correct, Ferdinand Lot déclarait : « La perte de la mémoire du passé est sans doute la pire infortune qui puisse frapper un peuple ainsi qu’un individu ». Je crois que la pire chose qui pourrait arriver à La Réunion c’est que ses jeunes soient en manque de repère identitaire. L’identité, c’est ce qui est au fondement de tout projet…
Nous allons lutter, nous allons essayer de combattre le chômage, mais si nous ne prenons pas le temps de nous demander qui nous sommes, alors toute lutte sera vaine. Nous avons besoin, aujourd’hui plus que jamais de nous réconcilier avec notre histoire :
Aujourd’hui comme avant 1946, la gravité du constat doit nous mener à un renouveau. Et c’est à nous jeunes, l’esprit décolonisé et réconciliés avec notre identité, de prendre la responsabilité de ce renouveau pour que le changement se fasse- et surtout, qu’il ne se fasse pas sans nous.
Emilie ASSATI
Quelle santé pour les jeunes ?
La création prochainement d'un Centre Hospitalo-Universitaire
est une étape essentielle pour répondre aux besoins de la Réunion mais également de la zone Océan Indien. Il s'agit là d'un domaine créateur d'emplois mais si et uniquement si les postes
s'ouvrent.
Comme cela fut annoncé, un numerus clausus adapté aux besoins spécifiques de la zone sera déterminé. Cependant des questions persistent quant à comment vont être évalués ces besoins. On ne doit effectivement pas entendre par un numerus clausus adapté un chiffre qui serait issu de nulle part. Pour cela, une étude portant sur des critères bien spécifiques doit être menée.
En matière d'éducation à la santé, la volonté annoncée de mettre en place une politique volontariste en la matière est un bon point. Mais la encore, des choses restent à préciser notamment concernant les moyens humains et financiers qui seront déployés pour cette cause.
Il est de plus, primordial d'assurer l'accès aux soins pour toute la population. Or, les réformes concernant l'assurance maladie ne vont pas dans ce sens: en taxant les mutuelles, ce sont les adhérents qui de manière indirecte ont à payer en plus via une augmentation des cotisations, non-remboursement de médicaments n'arrangent pas la donne.
Quand on connaît les conditions de vie des jeunes, en général précaire, de telles mesures accentuent le renoncement aux soins pour des raisons financières. Il est alors primordial de prendre en considération toutes les spécificités de cette population en y adaptant les mesures ou en aidant à acquérir comme c'est le cas chez les personnes âgées, une mutuelle sous forme de chèque santé.
En matière d'aide et d'accompagnement à la personne, il est de notre responsabilité de
permettre aux minorités de s'en sortir. Parmi elles, les personnes handicapés.
Sur les 280 000 chômeurs handicapés que compte la France, seuls 16% ont un niveau bac et 6% un niveau équivalent au bac+3. La loi oblige les entreprises à embaucher 6% de personnes en situation de handicap pendant qu'ils recherchent prioritairement des diplômés à bac+2 ou 3.
En allant au fond des choses et dans une perspective d'avenir, la démocratisation de l'emploi des personnes handicapés ne peut se faire que s'ils peuvent eux aussi bénéficier d'une formation adapté. Il convient ici du droit au savoir.
Nous devons faire notre maximum pour permettre l'émancipation de cette population encore trop souvent mise à l'écart et confrontée à l' hypocrisie de tout un système qui se fixe des objectifs sans se donner les moyens d'y parvenir.
Cela passe par un accompagnement et des campagnes de sensibilisations: nous devons montrer à ces jeunes qu'ils peuvent eux aussi réussir et parvenir une insertion professionnelle réussie, les informer sur les dispositifs d'accueil d'accompagnement et d'adaptation qui sont mis à leur disposition.
Tout le monde est concerné, différentes actions peuvent être mises en place afin d'améliorer le quotidien de ces personnes: la formation du personnel des différentes institutions notamment scolaires, afin d'accroître leurs connaissances, compétences et savoir-faire sur le handicap. Les espaces doivent être accessibles et les documents adapté au handicap (en braille par exemple).
Le domaine de la santé n'est pas à négliger car il garantit de bonnes conditions de vie
notamment sur le long terme. De ce fait, nous ne devons pas négliger les moyens, encourager les acteurs de terrain et investir dans les domaines actuellement oubliés.
Béatrice LEPERLIER
Nous Femmes, nous aussi Nou lé kapab !
La place des femmes au sein de notre société anime de nombreuses
discussions, de la parité aux violences qui leurs sont faites, ce thème occupe de plus en plus une place importante.
Les constats permis notamment par des chiffres sont la, de nombreuses problématiques en découlent et il nous appartient à nous les jeunes, femmes et hommes de se battre, d'apporter des solutions pour un avenir un peu synonyme de respect et d'égalité.
Il est nécessaire lorsque l'on aborde les relations femmes-hommes de s'intéresser à ce qui peut favoriser ou pas une reproduction sociale.
Prenons le cas de l'éducation: de nombreuses aberrations sont depuis des années constatées.
En premier lieu, les manuels qui véhiculent des images sexistes de mères au foyer, de pères mécaniciens par exemple.
Aussi, des efforts restent à faire, concernant l’orientation, certaines filières sont dites « féminines » sous prétexte qu’elles ont longtemps été fréquentées par les filles. Une plus grande mixité doit être de mise et ce dès le plus jeune âge, car c'est à ce moment que l'on s’imprègne des premières notions de la société.
Il en va de notre devoir de nous rappeler que l'école est lieu d'apprentissage de la vie et de faire en sorte qu'elle porte des principes d'égalité, de respect et d'émancipation des femmes et des hommes.
Ces différentes carences dans l'éducation donne par la suite lieu à des situations invraisemblables: alors que 60% des étudiants en licence sont des femmes, elles sont 40% en doctorat . On contribue aussi au développement d'emplois sexués.
En ce qui concerne l’emploi, les chiffres font état de situations très inégalitaires qui traduisent une discrimination importante à l'égard des femmes.
15% des chefs d entreprise sont des femmes
Parmi les femmes qui sont au chômage, les plus touchées sont celles ayant entre 15 et 24 ans alors qu'en métropole ce taux s'élève à %.
25,9% des femmes actives sont au chômage, en métropole 8,8% et 22,9% des hommes actifs.
37,2% des femmes ont un emploi contre 50,2% des hommes.
32% des femmes sont concernées par le travail à temps partiel contre 12% pour les hommes.
On compte au final, plus de demandeuses d emplois que de demandeurs d emplois alors que les hommes sont plus nombreux a la Réunion.
Au niveau des salaires, les inégalités sont plus grandes chez les cadres et les ouvriers. Une femme gagne 75% du salaire mensuel de son homologue masculin. Cet écart est beaucoup plus important à la Réunion qu'en métropole.
Face à ces chiffres, il convient de lutter d'une part, contre les discriminations et d'autre part de donner les moyens nécessaires aux femmes de chercher, trouver et garder un emploi. La question de la gestion de la vie familiale doit être posée avec notamment la garde des enfants: les structures d'accueils doivent se développer surtout quand on sait que les familles mono-parentales représente 19,5% des ménages et que dans 90% des cas, c est une femme qui en est a la tête.
Le paysage politique actuel, est lui aussi le reflet d'une société sexiste, car même si des avancées ont pu être obtenues via la parité femmes-hommes, on constate des têtes de liste très majoritairement occupés par des hommes (sur 24 communes, seules 2 ont a leur tête une femme). De plus, lors des scrutins uninominales, ce sont les hommes qui bénéficient acquièrent la majorité des postes.
L’Assemblée nationale élue en juin 2007 compte 18,5 % de femmes, la part des conseillères générales par rapport aux conseillers est de 13,1 %.
A côté de tous ces points abordés, les droits des femmes sont chaque jour remis en cause. Deux exemples pour les illustrer:
Le droit de la femme à disposer de son corps qui se traduit par l'avortement. Ce droit fondamental obtenu après de nombreuses batailles est aujourd'hui menacé d'une part par la mise en place de loi (et notamment le droit à la vie pour le fœtus) et d'autre part par un désengagement de l'Etat dans le domaine de la santé qui entraîne une diminution des activités des hôpitaux.
Les violences, cette année fut particulièrement meurtrière, une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son mari, une est violée toutes les 10 min, ajouté à cela harcèlement morale, sexuel, viol, coups, …
Allons nous favoriser ce genre de déboires en restant les bras croisés ou prendre les mesures nécessaires afin de mettre un terme à ces comportements qui ont causé, qui causent et qui continuerons à causé de terribles souffrances avec pour simple argument la discrimination?
Nous femmes nous aussi nou lé kapab !
Camille MAILLOT
Les associations: lien social fort qui fait la richesse de nos quartiers
Je ne sais pas si je fais de la politique, mais je sais que je
suis un acteur dans la vie de ma cité.
Il y a mon intérêt pour le développement et l’animation de mon quartier. Il y a mon engagement bénévole au service du mieux être et du mieux vivre ensemble.
Voilà mes engagements. Des engagements que beaucoup d’entre nous partagent.
Ceci pour dire qu’avant même de nous intéresser de près à la politique ou à l’action politique, nous nous engageons déjà dans la vie de notre quartier, de notre cité.
Nous nous réunissons entre jeunes pour organiser des manifestations culturelles, sportives ou autres, et souvent de manière informelle.
Nous nous regroupons au bas d’immeuble, dans un square ou à tout autre endroit où nous pouvons échanger, discuter et formuler des propositions pour apporter notre contribution à la vie de nos quartiers. Notre principale préoccupation c’est avant tout :
« Kosa mi peut fait pou fait bouge mon kartié ? »
Nous avons ainsi régulièrement pratiqué, sans le savoir, un fonctionnement proche de celle d’une association, qui elle est plus organisée, plus encadrée et surtout légale.
Quant nous découvrons cette forme d’organisation et que nous la pratiquons, nous donnons encore plus de sens et de crédibilité à nos engagements bénévoles et à nos actions en faveur des habitants.
« Nou dit que nou la trouve in support pou mette en l’air la solidarité et l’initiative des zabitants pou accompagne le dévellopement de zot quartier, de zot ville. »
Or, la situation du secteur associatif à la Réunion nous interpelle.
Il faut savoir que la Réunion comptait 5393 associations pour près de 15 000 salariés, au début de l’année 2005, et certainement un peu plus aujourd’hui.
Leurs actions portent sur la santé, le social, les services à la personne, la culture et les loisirs, entre autres, et jouent ainsi un rôle très important dans le quotidien des réunionnaises et des réunionnais.
Le volontariat, la participation active, la relation d’entraide, la capacité d’organisation, la prise de responsabilité et la qualité du lien social, sont autant d’atouts et de valeurs qui caractérisent l’engagement et le travail des acteurs associatifs.
Ce tissu associatif dont on dit qu’il est très riche et dynamique dans notre pays, connaît malheureusement ces derniers temps des fortunes diverses.
En effet, devant les nombreuses associations qui continuent à se créer et qui perpétuent par là même l’engagement bénévole, nombreuses sont celles qui jettent l’éponge et mettent la clé sous la porte, quand elles ne sont pas purement et simplement liquidées.
En effet, en s’efforçant de répondre au mieux aux problèmes sociaux, tout en restant fidèles au principe de non lucrativité, les associations doivent faire face aujourd’hui le plus souvent au problème de financement de leurs actions.
La question est : Qui paie le social ?
Dans la sphère de la puissance publique qui reconnaît que le secteur est créateur d’emplois et qu’il constitue un volant social unique qu’il faut protéger et encourager, les décisions qui ont été prises ont été malheureusement loin des bonnes intentions.
Les jeunes en ont payés un lourd tribut.
En témoigne l’abandon, « sur le bord du chemin», des milliers d’emplois jeunes qui avaient contribué, avec leurs employeurs associatifs, à produire des services de qualité pour lesquels le marché n’offraient pas de réponse immédiate.
De plus, confortées par le souhait du Gouvernement d’assurer l’avenir d’activités qui prouvaient leur utilité et leur qualité, les associations qui avaient embauché des emplois jeunes, ont réellement cru en la reconnaissance publique de l’efficacité sociale et économique de leurs actions.
Cependant, force est de constater que la réalité de l’action publique et les diverses mutations politiques, s’opèrent trop souvent sans tenir réellement compte de l’investissement profond des acteurs et entrepreneurs de terrain, que sont notamment les associations.
On ne doit plus subir indéfiniment les fausses bonnes intentions qui mettent à mal des engagements citoyens.
De plus et en dépit de l’engagement désintéressé de ses bénévoles, l’association à but non lucratif est durement confrontée :
Devant cette liste non exhaustive de difficultés, nous pensons que le mouvement associatif doit être accompagné et mieux structuré dans ses missions d’utilité et de lien social :
Les associations, comme tout autre forme d’organisation, ont besoin de se retrouver, d’échanger, de mutualiser, de s’unir pour rendre plus cohérent, plus sur et encore plus efficace, les actions qu’elles mettent en œuvre sur un territoire.
A l’échelle de notre département, n’y a-t-il pas nécessité de se regrouper pour défendre d’une seule voix les intérêts communs des associations et contribuer ainsi à lancer les bases d’une meilleure structuration et d’une meilleure prise en compte des difficultés qui entourent ces acteurs de l’économie sociale et solidaire ?
Nous les jeunes, nous mesurons les responsabilités qui sont les nôtres dans le devenir de notre pays. Encore faut-il que les outils qui nous permettent aujourd’hui de nous exprimer, de montrer nos savoir-faire ou d’avoir un emploi tout simplement, ne soient pas constamment affaiblis et sacrifiés sur l’autel des incessantes mutations politiques.
« Nou la besoin des associations si nou veut garder encore ce lien social fort qui fait la richesse de nos quartiers, de nos cités, qui mette souvent en valeur les habitants et qui place toujours l’humain au centre des préoccupations. »
Rachid ATTOUMANE
Les jeunes et la politique
Lors de la dernière rencontre entre les organisateurs de cette journée et le groupe de jeunes de la ville du Port dont je fais parti, il m’a été demandé de choisir un sujet
parmi plusieurs thématiques : le logement, l’emploi, la formation, culture transport, le développement durable...
Après concertation avec mes camarades j’ai alors choisi de vous parler d’un sujet qui m’anime, me passionne, me tiens a cœur et dans lequel je construis mon quotidien, qui est la vie politique et principalement celui de l’engagement de la jeunesse.
Actuellement il y a dans le discours que tient notre société autour de l’engagement des jeunes un véritable paradoxe. D’un côté, le discours sur les jeunes qui ne veulent plus militer, qui ne s’engagent plus, qui refusent de prendre des responsabilités dans les associations, et de l’autre, incontestablement une forte mobilisation des jeunes autour des sujets les plus variés. La présence importante de jeunes dans cette salle est une des manifestations concrètes que peut prendre cette mobilisation.
Certains jeunes restent hostiles à toute initiative ; d’autres, en revanche, décident d’être acteurs et non plus spectateurs de leur avenir et prennent les choses en main : ils s’engagent comme militants dans un parti, ou une association.
Il est intéressant de mettre en évidence ici les facteurs qui poussent les jeunes à s’investir en politique, et à quelles échelles peut se porter leurs implication.
Les sondages donnent tous des résultats convergents, mettant en évidence le manque de motivation à l’engagement politique. Pour la tranche des 13-17 ans, 85 % des jeunes interrogés s’intéressent peu ou ne s’intéressent pas à la politique, 78 % ne parlent jamais de politique en famille, 43 % ne se situent ni à droite, ni à gauche et 23 % refusent de se placer sur une échelle de classement politique, 59 % pensent que les hommes politiques disent tous la même chose et 82 % qu’en tout état de cause, les politiques ne sont pas à l’écoute des jeunes. Seulement 16 % envisagent de se mobiliser dans une association et 6 % d’adhérer à un parti. On notera cependant que, parallèlement, 72 % des jeunes pensent qu’il est utile de voter et que quand même 40 % pensent que le droit de vote est approprié pour permettre des changements positifs
En fait les jeunes sont aujourd’hui à la fois intéressés et désintéressés par la politique comme bon nombre de citoyens. La jeunesse est en fait confrontée à un double impératif : s’identifier à ses aînés et innover. C’est donc via la tension entre héritage et expérimentation que se construit le rapport des jeunes à la politique.
Tout d’abord le niveau d’action politique le plus polarisant pour la majorité des jeunes réunionnais reste l’échelle
locale parce qu’elle représente le cadre de vie du quotidien. En effet, l’action concrète palpable constitue l’attrait du militantisme et celle-ci ne peut souvent se mener qu’au sein d’un
quartier ou d’une commune. Dans la plupart des associations et partis, les contacts s’opèrent à travers la ville ou le département. Cette situation favorise l’établissement de liens plus directs,
moins anonymes : l’engagement est reconnu à la fois par la famille, les amis et par l’entourage professionnel tout en étant basé sur un projet concret.
Les jeunes militants se sentent alors exister à travers leur engagement et traitent de problèmes qui les touchent directement ou touchent des amis d’enfances auxquels ils ont des solutions à apporter. Cette façon d’aborder la politique rassure la grande partie de la jeunesse qui tend à se méfier du milieu politique, où le pouvoir est quelque fois cautionné par des escroqueries et des arrangements occultes. En effet, un cadre plus restreint où l’information passe mieux rassure les jeunes qui savent plus précisément ce qui s’y passe. C’est d’ailleurs pour cette raison que les sections jeunes des partis s’attachent à militer à l’échelle du quartier ou ciblée sur les universités, les lycées, les centres commerciaux, les buvettes, le porte à porte et préconise les débats dans la rue. Tout est fait pour que les idées soient accessibles, et la politique abordable.
Mais afin de mener un engagement politique en phase avec son territoire, le jeune doit s’approprier l’espace dans lequel il vit. Pour cela il doit rechercher, s’informer et s’instruire de ceux que les anciens réunionnais ont faits et dans quelles conditions ils l’ont réalisés avant lui.
Il faut savoir qu’a partir de 1946, date représentant la fin du statut colonial, des luttes pour l’égalité des droits ont été mené par des travailleurs agricoles et d’usines, des dockers, des cheminots... qui provenaient pour la plupart du sud de l’Inde, du sud de la Chine, du Mozambique, des Comores et de Madagascar.
Ces luttes ont donné suite à l’émergence et au développement des mouvements affirmant ainsi une culture, une langue et une histoire réunionnaise.
Nous devons être impérativement informés sur l’histoire de La Réunion. C’est un moyen de s’approprier son territoire et développer la notion d’espace vécu afin de pouvoir s’engager politiquement. En effet la jeunesse réunionnaise doit savoir « ouçali sorte, ouça lilé et ouça lisava ». C’est une notion très forte et très importante qui permettra à la jeunesse de s’identifier, de se positionner et de s’affirmer avec courage, audace et ambition. Plus de 6 civilisations ont été et sont à l’œuvre dans l’édification de l’affirmation réunionnaise. Il nous faut tenir compte de l’imbrication et la rencontre entre ces 6 mondes, pour appréhender ce que sont les Réunionnais, ce qu’est l’âme identitaire réunionnaise. Nous devons être fier d’être réunionnais, fier de notre pays, fier de nos ancêtres et fier de la culture réunionnaise.
Cette nouvelle donne crée de nouvelles responsabilités pour tous ceux qui sont en position de transmission d’un héritage. L’accompagnement des jeunes dans leurs expérimentations devient un enjeu décisif inséparable du travail de reconnaissance de ces nouvelles formes d’engagement.
Naren MAYAND
Le manque d'animation dans les hauts de l'île
Dans mon quartier, arrivé le mercredi après-midi, le weekend ou encore après les cours,
bon nombre de jeunes se retrouvent coincés chez eux. Situés dans les hauts, l'éloignement de la ville et des activités est accentué par un réseau de transports peu efficace.
Ajouté à cela un manque d'organismes capables de mettre en place des activités diverses et variées, c'est toute une population qui se retrouve dans l'ennui.
Dans le temps, des associations s'occupaient de toute cette animation, on allait faire du sport, découvrir des monuments, faisait connaissance avec les personnes du quartier,... Une certaine cohésion s'installait.
Aujourd'hui, nous devons retrouver toute cette animation des hauts, notamment via des associations de quartier, qui sont un véritable maillon de cohésion sociale par leur rôle d'intermédiaire.
Mettre ou remettre en place des associations qui d'une part créée du lien entre les habitants d'un quartier et d'autre part, travaille à l'émancipation des individus via la découverte extra-scolaire, le divertissement ou encore, l'animation…Ainsi, des ateliers peuvent être mis en place par exemple, afin de favoriser la créativité, l'émancipation.
Dans chaque quartier, des associations doivent être en charge de ces missions. Mais pour que cela dure sur le long terme une gestion efficace doit être instaurée. De ce fait, il serait intéressant de créer un chambre consulaire des associations.
Cette chambre consulaire permettrait d'une part, d'installer une certaine cohésion entre associations, avec par exemple des projets en commun et d'autre part, une gestion administrative commune.
Car, en effet, au delà de l'organisation d'activités, les associations sont aujourd'hui concernées par une gestion administrative qui pèse lourd. Cette gestion interne se fait trop souvent au dépend de l'organisation d'activités. Or, elle ne doit pas être un obstacle à la création de lien social. Le pôle associatif travaillerait donc à toute la gestion administrative, laissant de ce fait tout le temps nécessaire aux responsables, de mettre en place leurs activités à destination de la population.
L'Homme doit être au cœur des préoccupations, des projets, des priorités. Nous devons pour cela lui donner les moyens de mettre en place des activités sans être tenu par la gestion de compte ou différentes paperasses.
Elodie ORBOIN
La création d'entreprise: un pacours du combattant
Alors que se pose prioritairement, la Question de l’Emploi à la Réunion, la création d’entreprise
semble être une des solutions appropriée pour sortir de ce fléau. Elle répond de plus, à une concrétisation des projets que portent la jeunesse réunionnaise.
La création d’entreprise ressort d’un plaisir et de la réalisation de soi.
Cependant, créer son entreprise, se mettre à son compte, concrétiser ses projets à grande échelle demande en plus d’une grande patience, un bon sens des affaires et ce processus n’est pas évident: d'une part par sa durée et d'autre part, par les nombreuses questions sans réponses qui apparaissent comme un obstacle à cette volonté. Malgré un certain nombre d'aides, les difficultés sont bel et bien présentes.
Ainsi, il est fortement recommander de se faire aider en faisant appel à un spécialiste.
Parmi les démarches complexes, on peut citer le choix du statut juridique duquel découle les montants des charges sociales et le taux d'imposition dont vous devrez vous acquitter auprès des différents organismes.
Puis, il faut procéder aux formalités administratives, à la déclaration de l'activité, à la demande d'immatriculation et la prise de contact avec les administrations qui seront au quotidien en relation avec les chefs d'entreprise (les services fiscaux et les organismes sociaux principalement).
Aussi, on doit s’identifier à l’INPI, contracter une protection sociale, s'équiper de matériel informatique…
En ce qui concerne, le financement, tout dépend du statut juridique choisit (EURL, SARL, SA).
Plusieurs moyens de financements existent :
-Aides ou subventions à la personne
-Prêt d’honneur
-Prêt bancaire
-Participation dans le capital
-Primes ou subventions à l’entreprise.
-Prêt à moyen ou long terme à l’entreprise
-Crédit bail
On peut ajouter à cela un certain nombre d’aides publiques à la création d’entreprise.
Le processus de création d'entreprise est donc une démarche très complexe, au sein de laquelle le jeune doit contacter un certain nombre de personnes, d'institutions. Aujourd'hui, les projets ne manquent pas, notamment dans les filières porteuses d'emplois.
Nous devons accompagner les jeunes dans la création d'entreprise, qu'il s'agisse de moyens humains ou financiers. La personne désireuse d'avancer sur un projet doit avoir à sa disposition tous les outils afin mener à bien ses idées. Il est primordial d'inciter par une institution en charge de favoriser la création d'entreprise, les jeunes réunionnaises et réunionnais à construire leur avenir, la Réunion de demain.
L'accompagnement dans la création d'entreprise répond finalement à la réalisation de soi et favorise la création d'emplois. Dans le contexte que nous connaissons à la Réunion avec d'une part une population jeune et d'autre part un fort taux de chômage chez ces derniers, nous devons apporter un intérêt particulier à ces démarches volontaristes.
Fanny DOUANIER
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