Publié par AJFER

AFP - 20/09/2010

 

Un jeune sur deux se dit angoissé et plus d'un sur trois en colère quand il pense à son avenir, selon le baromètre annuel Ipsos pour le Secours populaire publié lundi, qui traduit également une crainte de la pauvreté présente dans l'ensemble de la populatiion.

 

"Particulièrement touchés par la crise, les jeunes adultes ne sont pas épargnés par la crainte de la précarité, bien au contraire: un jeune sur deux (50%) se dit angoissé et un sur trois (38%) en colère lorsqu'il pense à sa situation actuelle et à son avenir", commentent les auteurs du sondage.

 

"Désabusés, peinant à se projeter dans l'avenir, beaucoup considèrent que les études et les efforts ne paient plus", est-il ajouté.

 

Ainsi, 70% des jeunes interrogés estiment que la société ne leur accorde pas une place assez importante et un sur deux (50%) doute que les études garantissent une insertion plus facile dans le monde du travail.

 

La nouvelle génération a le sentiment de devoir fournir plus d'efforts, obtenir plus de diplômes, avec des perspectives d'avenir moins fortes qu'avant.

 

Mais les inquiétudes sont également vivaces dans l'ensemble de la population, deux ans après la crise.

 

Un tiers des Français dit avoir déjà vécu une situation de pauvreté. Cette proportion est en hausse de trois points par rapport à 2009. D'après l'étude, les hommes et les 35-44 ans sont des catégories plus touchées qu'avant car elles sont encore plus concernées par l'aggravation récente du chômage, et les personnes aux revenus modestes (55%) ou peu diplômées (70%) sont surreprésentées.

 

Au total, plus d'une personne sur deux (53%) s'est déjà dit, à un moment de sa vie, qu'il était sur le point de connaître une situation de pauvreté.

 

84% des Français considèrent que les risques pour les enfants de connaître un jour une situation de pauvreté sont plus élevés que pour leur génération, soit un point de moins que l'année dernière. A cette question, 53% ont même répondu "beaucoup plus".

 

Aux yeux des sondés, le seuil de pauvreté, c'est-à-dire le revenu en dessous duquel une personne seule peut être considérée comme pauvre en France, est de 1.003 euros net par mois. Il se situe donc entre le seuil de pauvreté officiel (910 euros) et le Smic (1.056 euros). Cette moyenne baisse de 23 euros par rapport à 2009.

 

Le sondage sur la perception de la pauvreté par les Français a été réalisé par téléphone, les 9 et 10 juillet 2010, auprès de 1.021 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus, selon la méthode des quotas.

 

Celui sur la place des jeunes dans la société a été effectué par téléphone, du 9 au 24 juillet, auprès de 611 jeunes de 18 à 30 ans, issus d'un échantillon national représentatif de 2.895 Français âgés de 15 ans et plus, selon la méthode des quotas.

Commenter cet article