Publié par AJFER - Nou Lé Kapab

Menées par l’AJFER-Nou Lé Kapab, quatorze associations se sont rendues à la préfecture pour déposer auprès des services de l’État une lettre appelant à la mise en place d’une table ronde pour « trouver une alternative » au Revenu de solidarité temporaire d’activité (RSTA) qui a pris fin le 31 mai.

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A cette occasion, les quatorze associations signataires (AJFER-Nou Lé Kapab, La Coop-Solidaire, AC Chômage, ARCP, Rasin Kaf, Kabar Maloya, La Réunion debout, Mouvman Sitoyen Réyoné, Galizé, Collectif des habitants de Primat, Appel de l’Ermitage, Femmes solidaires pour l’Emploi, Comité des chômeurs et des mal-logés du Port et Agir Pou nout tout) ont expliqué les raisons de leur démarche lors d’un point presse.

 

Baisse du pouvoir d’achat de 40.000 travailleurs

 

Depuis une dizaine de jours, « le dispositif du RSTA a pris fin. Un dispositif issu de la mobilisation des Réunionnais, obtenu par la lutte et la mobilisation », a expliqué Gilles Leperlier, président de l’Alliance des Jeunes pour la formation et l’emploi à La Réunion (AJFER)-Nou Lé Kapab. Ce dernier a expliqué que « 40.000 travailleurs pauvres ont vu leur pouvoir d’achat diminuer dans un contexte économique et social de plus en plus difficile pour les plus pauvres ». Face à « l’indifférence de l’État et de nos parlementaires », le jeune homme a mis en avant la nécessité pour le préfet de mettre en place une table ronde pour trouver une « solution globale à cette situation ».

 

De son côté, Jean-Hugues Ratenon, de l’Alliance des Réunionnais contre la pauvreté (ARCP), a indiqué qu’après deux mobilisations, en 2009 avec les mobilisations du COSPAR et en 2012 avec le dépôt de 8.000 signatures pour le maintien du RSTA : « Que font nos parlementaires ? Seuls deux d’entre eux, Paul Vergès et Huguette Bello, se sont positionnés », ainsi que les maires du Port et de Sainte-Rose.

 

Egalement président, Jean-Alain Cadet de la Coop-Solidaire, a expliqué que les politiques, les associatifs et les citoyens ont « un intérêt vis-à-vis du pouvoir d’achat des familles et de la hausse des prix ». « Cette hausse concerne tout l’Outre-mer et notamment La Réunion. Le constat est que la lutte contre le chômage doit aussi concerner le pouvoir d’achat et les prix », a-t-il ajouté. Pour ce dernier, la suppression du RSTA est « une attaque contre les travailleurs, car ils perdent leur pouvoir d’achat ». 


Gilles Leperlier a également ajouté que « les évènements de ces dernières semaines nous prouvent à quel point les travailleurs aspirent à de meilleures conditions de travail et notamment de revenu. Que ce soit à Carrefour Sainte-Suzanne, à la STAR, à la CILAM, à Renauld, les grèves que nous avons connues et qui ont perturbé l’économie réunionnaise se basaient sur une revendication juste d’une revalorisation salariale de 50 euros ».


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« On n’a rien. On est toujours pauvres »

 

Nancy, représentante de l’organisation de l’Appel de l’Ermitage, a indiqué que « nous sommes contre la pauvreté, beaucoup de gens travaillent, mais on n’a rien, il faut le maintien de cette aide. On s’est battu pour l’avoir, on s’est battu pour avoir un travail. Ils tirent du revenu et on reste toujours pauvres. On n’a rien. On est toujours pauvres ». De son côté, Gilles Leperlier a renchéri en indiquant que « la fin du dispositif RSTA par le gouvernement, qui avait pourtant promis du pouvoir d’achat au DOM, est inacceptable et nous devons nous mobiliser ».

 

Teddy Aky a de son côté expliqué que « nous avons le sentiment que l’État joue encore son rôle d’autiste. Il fait semblant d’écouter les associations ». D’autant que « l’État et les parlementaires ne peuvent pas rester inactifs face à cette décision et doivent assumer leur responsabilité et défendre la population réunionnaise », a indiqué Gilles Leperlier.

 

Pour le représentant d’AC Chômage, « on voit que notre revendication est une réalité de la société. Les gens qui sont à l’abri des besoins vont jouer la temporalité, car on a été prévenu. 50 euros, c’est beaucoup pour nous. On a un gouvernement de gauche, on a beaucoup d’attentes ».

 

Pour conclure, le président de l’AJFER-Nou Lé Kapab a indiqué : « Comme l’a proposé l’intersyndicale lors d’une conférence de presse le 30 mai dernier, nous appelons à la mise en place d’une table ronde dans les plus brefs délais afin de pérenniser ce dispositif indispensable en cette période de crise, où la situation est plus grave que lors de la mise en place du dispositif en 2009 après les mobilisations du COSPAR ».

 

Témoignages - 11 juin 2013

 

La lettre au préfet

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