Publié par AJFER

Région : la polémique enfle autour des emplois verts

“Environ 35 personnes ont travaillé à l’amélioration de l’aire de pique-nique du Tévelave, elles se retrouvent aujourd’hui sans emploi”, regrette Gilles Leperlier. (Photo Jean-Claude François)

C’est une véritable guerre de communication qui se joue en ce moment entre le duo Gilles Leperlier-Jean-Hugues Ratenon, deux leaders de l’Alliance, et le conseil régional. Une guerre au centre de laquelle on retrouve une cinquantaine d’employés en charge de l’entretien des espaces verts aux Avirons.

 

L’affaire débute le 10 décembre dernier lorsque des salariés en contrats aidés découvrent qu’ils n’auront bientôt plus de travail. Il semble, en effet, que les chantiers d’entretien n’ont pas été renouvelés. Scandalisés, les employés des espaces verts, menés par Gilles Leperlier et Jean-Hugues Ratenon, demandent alors des comptes à la Région. “Ces emplois ont été supprimés sans aucune raison. Sur le site du Tevelave, 35 personnes ont travaillé d’arrache-pied afin de faire de l’air de pique-nique un espace de détente et de loisirs. Aujourd’hui, ces personnes se retrouvent dans une précarité et une détresse grandissante”, dénonce Gilles Leperlier. “C’est d’autant plus regrettable que la Région multiplie les prises de position en faveur des dispositifs d’emplois verts. On voit d’ailleurs que certaines associations nouvellement créées obtiennent, quant à elles, des chantiers. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une forme de clientélisme de la part de Didier Robert”, s’emporte-t-il. Jean-Hugues Ratenon incite, pour sa part, les employés à se battre pour défendre leur droit. “Il faut réfléchir à une action en justice, réfléchir à une manifestation devant la Région. Ses responsables doivent donner une explication. Ils ne peuvent pas rester silencieux face à la suppression de ces dizaines d’emplois”, scande le président de l’ARCP.

 

La Région répond aux accusations


À en croire Gilles Leperlier, l’explication donnée par la Région pour justifier la suppression des postes se révèle peu convaincante : “On évoque une demande d’audit concernant les associations en charge des emplois verts. La demande aurait été déposée par la commune de l’Etang-Salé. Nous ne comprenons pas pourquoi cette demande d’audit devrait signer la fin de leur action”. Face à ces accusations, la Région tient un tout autre discours. Contacté par le Journal de l’île, Louis-Bertrand Grondin, le responsable de la formation professionnelle et de l’apprentissage au sein de la collectivité explique : “Les contrats n’ont pas été supprimés, ils ont tout simplement été mis en attente”. Quant au fameux audit, il n’aurait pas été commandé par la commune de l’Etang-Salé mais bien par l’assemblée elle-même. “La Région a été interpellée au même titre que le conseil général. Elle a donc mis en œuvre une procédure d’audit interne. Cette opération n’est aucunement une sanction mais vise au contraire à instaurer un contrôle de la bonne gestion de l’association”, rétorque Louis-Bertrand Grondin. Et le vice-président délégué à la formation professionnelle de dévoiler le fond de sa pensée : “En effet, qu’il s’agisse d’AREVAS, d’ADS ou d’ANSEMB, ces structures sont gérées par les mêmes personnes résidant à la même adresse sur un secteur d’intervention très restreint. Sur ce territoire qui correspond à 6% de la micro-région sud, l’ancienne mandature avait mobilisé 55% de l’enveloppe budgétaire de cette micro-région”. En clair, selon la Région, il y aurait anguille sous roche. Reste qu’au milieu de ces querelles politiques, se joue l’avenir de dizaine de personnes dont le contrat n’a pas été renouvelé. La Région tient donc à se montrer rassurante : “Ce ne sont pas les bénéficiaires des contrats aidés qui sont visés. Une fois l’audit terminé, ces personnes pourront d’ailleurs très certainement reprendre leur poste. Notre équipe souhaite même aller plus loin en leur proposant un vrai parcours d’insertion”, assure Louis-Bertrand Grondin. En attendant un hypothétique happy end, l’aire de pique-nique du Tévelave devra se priver encore quelque temps d’entretien, au grand dam des amoureux du coin

 

J.E., Clicanoo.re, 04 mars 2011, lien 

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