Publié par AJFER - Nou Lé Kapab

Quel avenir pour l'emploi à la Réunion ? C'est la question que se posent les membres de l'Ajfer - association présidée par Gilles Leperlier - réunis cet après-midi pour aborder les thèmes de l'emploi - après parution par l'Insee ce matin des derniers chiffres de l'emploi à la Réunion - mais également les perspectives en matière de lutte contre le chômage. Au passage, l'association a vivement critiqué le nouveau dispositif "emplois d'avenir" qui, selon elle, n'est pas une solution durable à la crise du chômage des jeunes réunionnais. 

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"Les chiffres de l'Insee nous montrent une aggravation de la situation économique et sociale à la Réunion. Le chômage de masse persiste et touche principalement les jeunes. Si les chiffres du chômage baissent c'est grâce aux contrats aidés mais en contrepartie d'une plus grande précarité. Enfin on se rend compte que les demandeurs d'emplois sont de plus en plus découragés et n'arrivent plus à trouver des réponses viables à leurs besoins. Une situation qui prouve l'inefficacité des pouvoirs publics en place", explique Gilles Leperlier. Cette prise de position fait suite à la parution des derniers chiffres du chômage à la Réunion pour l'année 2012. Des chiffres en baisse mais qui sont "en trompe l'oeil" pour le président de l'Ajfer. 

 

Pour répondre à la problématique de l'emploi à la Réunion, mais également dans l'Hexagone, le gouvernement a lancé les "emplois d'avenir". "Une nouvelle fois, les pouvoirs publics misent sur un dispositif d'emplois précaires", regrette Gilles Leperlier. Pour l'Ajfer, les emplois d'avenir ne sont qu'un énième dispositif qui ne résoudra pas la crise du chômage chez les Réunionnais et les jeunes en particulier. "En 30 ans on a eu plus de 80 mesures d'emplois précaires pour sortir les jeunes du chômage. Cela ne fonctionne pas car il y a toujours plus de jeunes demandeurs d'emplois", souligne-t-il. Pis, l'Ajfer craint que les emplois d'avenir viennent en remplacement des dispositifs déjà existants comme les contrats d'apprentissage, plus couteux pour les entreprises que les emplois d'avenir. "Un emploi d'avenir coutera 356 euros par mois à un patron quand un jeune en apprentissage lui coutera 78% du Smic. Le calcul est vite fait", lâche Gilles Leperlier. 

 

"Aujourd'hui il faut anticiper les besoins en emploi et adapter les besoins en formation. Il faut créer de l'activité par les secteurs innovants et créateurs d'emplois aujourd'hui. Cela passe par des grands chantiers structurants sur l'île qui pourront créer des emplois directs et indirects. C'est comme cela que nous arriverons à des emplois pérennes", ajoute Gilles Leperlier. L'Ajfer réaffirme également sa volonté de donner la priorité d'embauche aux Réunionnais dans le secteur public mais également dans le secteur privé. 

 

Pour l'Ajfer, les mesures d'urgences mises en place par le gouvernement ne répondent pas aux enjeux de la société réunionnaise. "Il faut revoir les logiques de formation, d'accompagnement, d'insertion professionnelle, de créations d'emplois ou encore de développement. Il faut amorcer un véritable changement en apportant des propositions de fonds", conclut Gilles Leperlier.


5 Décembre 2012 - Julien Delarue - Zinfos974 - Retrouvez la vidéo sur le site

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