Partager l'article ! Manifestation des jeunes au Chili : « Elle va tomber elle va tomber l'éducation de Pinochet ! » (« Va a caer, Va a caer, la éducaciòn de Pinoche ...
Ce n'est sans doute pas l'hiver austral qui donne froid aux yeux des jeunes chiliens. En effet, depuis le mois de juin, lycéens, étudiants, le monde de l'éducation, ainsi que l'ensemble
de la population sont au rendez vous pour tenter, (encore une fois) de refermer les plaies causées par la réforme de l'université de 1980 d'Augusto Pinochet.
Il n'y a pas si longtemps que cela, la jeunesse chilienne s'était déjà mobilisée pour en finir avec cette politique néo-libérale qui vend l'éducation comme un produit du marché. En 2006, la jeunesse avait mené ce qu'on a appelé « La révolte des pingouins ». A cette occasion, elle avait déjà fait preuve d'une grande maturité et vigueur pour défendre ses idéaux. Et pourtant, malgré le sérieux et l'urgence de leurs revendications, le mouvement s'est heurté au mur d'insonorisation du palais des monarques.
Le gouvernement a su déplier la grande nappe, déployer la plus belle poudre aux yeux sans ouvrir leurs écoutilles. Car après des mois et des mois de mobilisations et négociations avec le
gouvernement de Michelle BACHELET, ce ne sont que des gadgets qui ont été proposés. La déception de la jeunesse fut grande, elle qui voulait apporter des améliorations de fond, et non recevoir
une hypocrite charité du pouvoir.
Mais de cette déception est née une véritable conviction, aujourd'hui plus que jamais, les acteurs du mouvement sont soutenus par près de 80% de la population selon les sondages. La population chilienne est convaincue que l'éducation est le premier facteur d'émancipation, et elle a déjà prouvé qu'elle ne renoncera pas, qu'importe le temps qu'il faudra.
L'avenir de la jeunesse au creux du poing d'une jeune révolutionnaire
La jeunesse, ô combien dans l'ère du temps, est représentée par celle que les médias traditionnels surnomment vulgairement « la Che Guevara sexy ». Il s'agit de Camilla Vallejo
militante des jeunesses communistes chilienne et présidente de la Fédération des étudiants de l'université du Chili. Cette jeune femme de 23 ans, à la tête du mouvement, montre que le Chili a
vocation à bouleverser les codes sans oublier son histoire. Ils interpellent le gouvernement conservateur de Sebastian Piñera, le milliardaire élu en 2010, pour en
finir avec l'hypocrisie de l'excuse de la crise économique.
Aujourd'hui le Chili ne consacre que 4.4% de son PIB contre les 7% prescrit par l'UNESCO, alors
que le pays connaît une croissance économique certaine (9.1% au premier semestre de cette année).
Si la mobilisation du mardi 9 Août a marqué un record de participation à travers tout le pays (jusqu'à environ 100 000 personnes à Santiago), les manifestants ont également repris une tranche de
violences policières, preuve que le pays vit bien dans une illusion démocratique douloureuse à tous les niveaux... !
Derniers Commentaires