Publié par AJFER - Nou Lé Kapab

14 associations demandent au préfet la mise en place d’une table ronde afin de trouver une solution alternative pérenne au RSTA. Mis en place par l’ancien gouvernement après les mouvements sociaux de 2009, le dispositif a été enterré par l’équipe Hollande le 31 mai dernier.

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Les représentants des associations unis : ils n’ont pu être reçus, la préfecture souhaitant une délégation de trois à quatre personnes maximum (photo LLY).

"La décision du gouvernement de supprimer le RSTA remet en question toute la politique menée, depuis le début du quinquennat du président de la République, en faveur de la diminution des inégalités et la lutte contre la vie chère". Hier, 14 associations ont déposé une lettre commune à la préfecture afin de demander une table ronde sur le RSTA.

Les signataires sont l’AJFER-Nou lé Kapab, la Coop solidaire, AC Chômage, l’ARCP, Rasin Kaf, Kabar Maloya, La Réunion debout, Mouvman Sitoyen Réyoné, Galizé, Collectif des habitants de Primat, Appel de l’Ermitage, Femmes solidaires pour l’Emploi, le comité des chômeurs et des mal-logés du Port et Agir Pou Nout tout. Comme l’intersyndicale, ils réclament donc une table ronde, "pour échanger et trouver des solutions pour la mise en place d’une alternative pérenne au dispositif RSTA".


Depuis le 31 mai, le RSTA a été enterré. Né à la suite des mouvements sociaux aux Antilles et à la Réunion en 2009, il concernait 40 000 Réunionnais. Le RSTA permettait en effet à des salariés à temps plein touchant moins d’1,4 SMIC d’avoir un complément de revenu mensuel d’environ 100 euros brut. "C’est une perte pour des travailleurs pauvres. Et ni l’État, ni les parlementaires n’ont pris la mesure d’une telle disparition", souligne Gilles Leperlier, président de l’AJFER-Nou Lé Kapab.


"On n’entend pas trop les politiques", déplore Jean-Hugues Ratenon, président de l’ARCP, rappelant que seuls Paul Vergès et Huguette Bello, ainsi que Didier Robert et Nassimah Dindar ont pris publiquement position pour le maintien du RSTA. Sur les 24 maires sollicités par le mouvement Rézistans, seuls trois ont répondu, ceux du Port, de Sainte-Rose et du Tampon. "Où sont les autres ? Ce sont des gens mandatés. Qu’ils aient le courage de donner leur position". Jean-Hugues Ratenon rappelle aussi que le basculement RSTA vers le RSA activité ne sera pas systématique.


Pour Jean-Alain Cadet, président de la Coop-Solidaire, les priorités doivent être le pouvoir d’achat et les prix bas. "Ici, les salaires sont plus bas et les prix sont plus élevés alors qu’on est comme tous les Français. Certes, il n’y a pas d’effet de surprise : on savait que le dispositif allait prendre fin. Mais le gouvernement socialiste actuel aurait dû le continuer". La motion a été remise à Serge Darnaud, chargé de mission à la préfecture. Les associations vont continuer à mobiliser. Et si aucune solution n’est trouvée, "c’est la rue qui va commander".
Juliane Ponin-Ballom - Clicanoo.re - 11 juin 2013  

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