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Lundi 3 octobre 2011 1 03 /10 /Oct /2011 10:24

Le président Palestinien, Mahmoud Abbas a déposé, vendredi 23 septembre une demande de reconnaissance de l’état Palestinien aux Nations Unies, cette requête a précédé des semaines de pression américaine et européenne, proche des autorités Israéliennes.


Au-delà de la question diplomatique, la jeunesse palestinienne aspire à l’indépendance et surtout la reconnaissance de leur état, depuis plus de 50 ans. Génération après génération, la lutte n’a cessé. Colonisation ininterrompue, maisons détruites en masse, mur de la honte, contrôles aux check-points, confiscation de terres arables, privation d’accès à l’eau, racisme d’État, violation quotidienne des résolutions de l’ONU, humiliations permanentes, les Palestiniens en appellent la communauté internationale à statuer sur leur sort.


Intérêts financiers au détriment de l’humain


Les Etats-Unis, alliés infaillibles d’Israël, ont des relations militaires très étroites ce pays : ce dernier achète aux américains près de 2 milliards 700 millions de dollars d’armement US (chiffre de 2007). De plus, les intérêts économiques américains au Moyen-Orient concernent principalement le pétrole et poussent Washington à s’immiscer dans les affaires internes de ses alliées dans la région.  L’an dernier, Barack Obama avait annoncé devant cette même assemblée internationale sa volonté de voir un état palestinien être reconnu par les membres de l’ONU. Aujourd’hui, ce dernier a décidé d’user de son veto lors du vote.


Du côté européen, pour ne pas froisser leurs amis à Washington, Nicolas Sarkozy a annoncé dans un discours au siège newyorkais de l’ONU que la Palestine pouvait être un état observateur non membre, tel que le Vatican. Cette proposition ne satisfait pas les responsables palestiniens qui se disent prêt à aller jusqu’au bout de la procédure d'adhésion au Conseil de sécurité d'un Etat de Palestine, au risque d'une confrontation avec les Etats-Unis.


Reconnaitre l’état et les exactions commises


Les Palestiniens ont de quoi tenir le coup, la proposition de Nicolas Sarkozy, relayée par l’Union Européenne, est conditionnée. Si les Palestiniens renoncent à obtenir l'aide de la Cour Pénale Internationale ou de la quatrième convention de Genève sur la protection des civils, qui pourrait intenter des actions judicaires contre les autorités Israélienne, alors la Palestine pourra obtenir le statut d’état observateur. Catherine Ashton, haute représentante de l'UE, aurait ainsi proposé de créer un nouveau statut à l'Assemblée générale qui ne permettrait pas à l'Autorité palestinienne de ratifier le Statut de Rome, a indiqué Amnesty International.


 « Mme Ashton nous a demandé, si nous accédions au statut d'Etat non membre, de ne pas aller devant la CPI. Cela revient à demander aux victimes d'un crime de ne pas porter plainte » pour poursuivre Israël, a indiqué le négociateur palestinien Nabil Chaath, en référence aux entretiens, mi-septembre, avec la chef de la diplomatie de l'Union européenne Catherine Ashton.  En effet, Amnesty International a recensé des éléments prouvant que des crimes de guerre ont été perpétrés par les forces israéliennes comme par des groupes armés palestiniens au cours du conflit de 2008-2009 dans la bande de Gaza et dans le sud d'Israël. D’ailleurs, la mission d'établissement des faits de l'ONU sur ce conflit a confirmé les constats de l'organisation internationale. 


Le droit à un Etat


La demande palestinienne fait des émules. Selon certains diplomates, les négociations devraient durer des mois plutôt que des semaines, comme souhaité par Mahmoud Abbas. En effet, bien que soutenu par 130 pays, le Quatuor (Etats-Unis, Russie, Union européenne et ONU) a pris note de la candidature palestinienne tout en appelant à la reprise des négociations, a indiqué, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires politiques, B. Lynn Pascoe.


Ce dernier a rappelé qu'il existe un consensus sur l'idée qu'institutionnellement l'Autorité palestinienne est capable de diriger un Etat, « Je souligne les réalisations en matière de consolidation de l'Etat pour une raison : les principaux obstacles à l'Etat palestinien ne sont pas institutionnels mais politiques : les problèmes non résolus dans le conflit entre les parties, l'occupation israélienne continue et l'actuelle division palestinienne », a indiqué le communiqué de presse de l’Onu, le 27 septembre.


Cette déclaration donne espoir aux Palestiniens, qui auront tout de même gagné une victoire, celle de l’Histoire.

 

 

Par AJFER - Publié dans : Journal Nou lè Kapab
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