Publié par AJFER

Gilles LeperlierInvité par le Parti Socialiste au Forum des idées de l'Outermer, Gilles Leperlier est intervenu durant 5 minutes sur la question de l'identité et de la culture Réunionnaise. Le président de l'Ajfer a pu participer à la journée consacrée à l'Outermer, dont voici le programme extrait du site du PS:

 

Retrouvez le compte rendu des débats :
 
14h50 : Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional d’Île-de-France

Avec une vraie émotion que je vous accueille dans l'hémicycle d'Ile-de-France, je suis le petit-fils d'un grand-père martiniquais. L'identité des ultra-marins et des franciliens est intimement liée, il y a plus de 500 000 antillais qui vivent en Ile-de-France. La vie des ultra-marins au quotidien : la vie chère, une production locale limitée, une très forte importation, une émigration vers l'Ile-de-France notamment…
 
La crise qui traverse les outremers : solutions concrètes que nous devons apporter.
La région s'est engagée à construire une maison des Outremers : lieu de recherche, de mémoire, culturel, centre d'information pour les demandeurs d'emploi, centre associatif
La journée du 23 mai dédiée à la mémoire des victimes de l'esclavage : une action sera menée dans nos 571 lycées, j'ai plaidé pour que cette journée soit une journée citoyenne et populaire en Ile-de-France.
 
15h00 : Martine Aubry, Première secrétaire
Un forum pour aller plus loin dans nos propositions. Les Français attendent de nous que nous soyons unis et solidaires. C'est la clé de l'alternance en 2012. Outremer plus qu'ailleurs, la gauche républicaine est diverse. Cette pluralité, cette diversité sont aussi riches que le sont les Outremers eux-mêmes.

Nous sommes aujourd'hui le 27 avril 2011. C'est la date anniversaire du décret Schoelcher abolissant l'esclavage, le 27 avril 1848. Vous le savez, la République a fait du 10 mai «le jour des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions». Le 10 mai, date d'adoption par le Parlement de la loi portée avec fougue et talent par Christiane Taubira, loi reconnaissant enfin, l'esclavage et les traites négrières comme des crimes contre l'humanité.

Schoelcher au Panthéon et désormais Césaire !
Au nom de tous les socialistes, je me suis associée sans réserve à l'hommage national qui fut rendu à Aimé Césaire par la République. Rendre hommage à Césaire, c'est rendre hommage à son oeuvre, et cette oeuvre fut un cri !
Nos outremers portent encore, dans leurs chairs, dans leurs coeurs, dans leurs esprits, la marque du système colonial. Les Outremers français attendent, à raison, que la promesse d'égalité réelle soit tenue. Si les Outremers n'ont jamais fait défaut à la République, l'inverse ne fut pas toujours vrai.
Je ne prendrai qu'un exemple. Entre 1960 et 1996, la France a effectué l'essentiel de ses essais nucléaires - 193 sur 210 - en Polynésie française. Longtemps, l'Etat a nié les conséquences sur les personnes de ces essais. La proposition de loi sénatoriale que le groupe socialiste a déposée, prend l'engagement de revoir les dispositions controversées en concertation avec les représentants de la Polynésie française.

La République que nous aimons n'est pas la négation des identités culturelles qui font la richesse de notre patrimoine commun. C'est tout l'inverse. Bien des pistes sont ouvertes. Je pense à la défense des langues régionales des Outremers, la mise en oeuvre de plans volontaristes de valorisation des patrimoines des Outremers, donner aux collectivités davantage de pouvoirs et de moyens en la matière, valorisation des cultures...

L'Outremer coûte cher, voici la rengaine de la droite ! Cette thèse est une faute politique, elle n'est pas digne des responsables politiques quand ils réfléchissent à l'avenir. Son postulat est qu'il y aurait outre-mer des Français de seconde classe. On assigne aux collectivités d'outremer un objectif d'autosuffisance que ne remplissent nullement la très grande majorité des régions de l'hexagone !
 
Le rôle des socialistes, leur rôle historique, c'est de réduire ces écarts, entre les individus ou entre les territoires. C'est ainsi que nous nous attaquerons à la question du pouvoir d'achat, outremers comme en métropole. Le blocage des loyers, la maîtrise de la facture d'énergie, la fiscalité, les négociations salariales, le SMIC, l'encadrement des échelles de salaires seront mobilisés pour reconquérir la justice sociale. Mais il y a des dispositions spécifiques à prendre dans chacun des territoires d'outremer.

Depuis 2007, le seul budget du ministère de l'Outremer aura connu une baisse avoisinant le milliard d'euros.

Nous allons proposer à chaque collectivité d'outremer, dans le cadre juridique et économique qui lui est propre, un nouveau pacte de croissance et de solidarité. Et au coeur de ce pacte, il y a un nouveau modèle de développement économique, social et écologique. C'est notre projet pour 2012. Ce nouveau modèle, nous le voulons pour les Outremers comme pour la métropole.
Notre projet tiendra compte des contraintes budgétaires que la droite, davantage que la crise, nous aura laissées. Nous réexaminerons les moyens actuels dont nous disposons, non pour les réduire, mais pour les redéployer au service de deux objectifs : le développement durable et la création d'emplois. Les socialistes sont convaincus de la nécessité de soutenir les investissements privés outremer.

Nous n'avons aucune raison de revenir sur les principes fondamentaux de la loi d'orientation du 13 décembre 2000. Ces principes sont simples : oui au droit à l'évolution statutaire dans la République à condition que soit recueilli par référendum le consentement des populations intéressées.

Voilà pourquoi je veux tourner définitivement la page de la République coloniale, et écrire enfin, outremer comme dans l'hexagone, celle de la République pour tous !
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Table ronde n°1 : «Identités, cultures, mémoires : quels enjeux pour la République?»
 
15h50 : Françoise Vergès, politologue, écrivain, présidente du Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage. La culture du copier-coller peut-elle produire une singularité ? Quelle civilisation voulons-nous construire dans 20 ans ? Nos territoires sont extrêmement différents. Il est urgent d'investir dans la culture. La culture nous rappelle l'inter-dépendance humaine. Ces dernières années, nous avons su surgir un besoin de remémoration.
 
16h05 : Serge Romana, professeur de médecine, président du Comité Marche du 23 mai 1998. Personne ne peut nier que la question identitaire est primordiale. L'esclavage a créé le ressentiment, mais le ressentiment a perduré pendant la société d'habitation, puis après la tuerie de 1967. Il faut que la République accueille maintenant la mémoire des descendants d'esclaves. Il faut défendre la loi Taubira. Il faut accueillir les mouvements mémoriels. J'aimerais que le PS s'engage sur une mission parlementaire pour éclaircir les événements de mai 1967.
 
16h18 : Michel Giraud, sociologue, directeur de recherche au CNRS. La grande question de l'histoire des Antilles. Il y a toujours une aspiration pour l'égalité qui prédomine chez ces peuples.
 
16h35 : Victorin Lurel, député (PS) de Guadeloupe. On a le sentiment que la République n'est pas là, ce qui nourrit un certain nombre d'exaspérations. La République doit apprendre à se faire aimer. Notre identité est triple : française naturellement, européenne et régionale, ce n'est pas contradictoire.
 
16h47 : Richard Tuheiava, Sénateur (Tavini, app. PS) de Polynésie. Il y a beaucoup de peuples d'outremer qui n'ont pas eu le privilège de traverser le siècle des Lumières en Europe. Nous n'avons pas eu la chance de construire un socle de valeurs en commun. Nécessité de factualiser les choses pour mieux avancer par la suite.


Table ronde n° 2 : «Le défi de l’égalité réelle : vers de nouveaux pactes de croissance et de développement pour les Outremers»
 
17h08 : Bernard Castagnède, professeur de fiscalité à la Sorbonne. Le dispositif d'aide fiscale outremer ne peut pas être regardé comme satisfaisant.
 
17h20 : Gilles Le Chatelier, avocat, conseiller d’État. Trois types de réactions à propos de l'outremer : source de méconnaissance, source d'irritation, source de suspicion. Il faut une bonne situation dans l'équipe gouvernementale, cela suppose un ministre qui ne soit rattaché à aucun autre ministre, avec la qualification de ministre d'Etat (ministre plein). Deuxième série de recommandations : le ministère de l'Outremer est le seul ministère territorial, c'est aussi l'héritier du ministère des colonies, il faudrait conserver un rôle stratégique du ministère, travailler sur le recrutement des personnels du ministère.
 
17h33 : Patrick Lebreton, député (PS) de la Réunion. Nous sommes déclarés comme des «assistés», comme si nous n'étions pas des citoyens à part entière. Imagine-t-on tenir le même discours vis-à-vis de la Creuse, de la Seine-Saint-Denis... ? L'Outremer n'a jamais été aussi mal traitée que ces dernières années. Les crédits pour le logement social outremer (LPU) ont baissé avec le gouvernement actuel. Plus de la moitié de la population vit sous le sueil de pauvreté. Notre priorité devra concerner notre rattrapage sur de nombreux points. Il faudra répondre à l'urgence sociale, via des contrats aidés et lutter contre le phénomène de la vie chère. Surtout, nous devrons jeter les bases d'un nouveau modèle de développement économique.
 
17h45 : Christiane Taubira, députée (Walwari-app. PS) de Guyane. Les banques  sont toutes puissantes dans les outremers. Elles ne veulent pas prêter et avancent qu'il existe un risque supplémentaire dans les territoires d'outremer. Les banques bénéficient d'avantages pour financer les investissements, mais celles-ci ne le font pas, l'Etat a ainsi été obligé de créer le système de défiscalisation. Le temps n'est plus au renoncement.
 
18h55 : Conclusion d'Axel Urgin, secrétaire national à la laïcité et aux Outremers. Nous considérons que les outremers méritent autre chose. Avec ce forum, nous avons pu rassembler toutes les forces de la gauche républicaine qui veulent une alternance en 2012.  Nous avons rédiger un document avec 5 principes et 30 mesures pour l'Outremer. 5 principes : rassembler la gauche et les forces de progrès, tourner la page de la République coloniale, reprendre le chemin de l'égalité républicaine, proposer à chaque Outremer un pacte de croissance et de solidarité, accroître les responsabilités locales, respecter le choix des populations.

Autour de ces 5 principes, nous avons la possibilité de créer un socle : «la République pour tous et avec tous».
Retrouvez le discours de Gilles Leperlier, ici... 
Les socialistes et les Outremers : retrouvez les mesures proposées par le PS 

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