Publié par AJFER - Nou Lé Kapab

268258 232294353462105 100000446272080 835949 5041-copie-1« Faible mobilisation », « taux d’abstention record », « faible croyance en un avenir meilleur », « manque de confiance dans les politiques ». Les signes ne manquent pas pour caractériser un des maux de notre société, le désespoir. Trouver des raisons de se mobiliser, de différentes manières que ce soit quand bon nombre sont convaincus que « cela ne changera de toute manière, rien ». Comme si à un moment notre destin ne nous appartenait plus, comme si nous ne pouvions rien y faire, comme si tout était joué d’avance et ce parce que des forces nous dépassent et notamment des forces financières. Quand le pouvoir de l’argent dépasse le pouvoir des Hommes…


Nos représentants politiques, femmes et hommes de la cité qui dans le pire des cas se résigneront à ce système (voir le défendront). Au mieux, ils s’accrocheront à ce que l’on pourrait qualifier d’utopie : changer radicalement les choses mais sans revoir les fondements de notre société.

 

Et puis finalement, cette question de savoir s’ils ont de véritables pouvoirs où si ce mode de représentation et de décision que nous nommons communément « démocratie » ne se résume pas à une vitrine d’élu(e)s, juste pour faire joli.

 

Quel rôle devons-nous jouer dans la construction de notre société ? Quel rôle pouvons-nous jouer ? Avec qui, pour qui, pourquoi, comment ?

 

Autant de questions qui peuvent paraître basiques mais pourtant tellement importantes. Difficile d’avoir une réponse uniforme.

 

Mais ces questions nous interpellent, les jeunes, d’abord quelques uns et espérons de plus en plus de personnes.

 

Une chose est sûre, le premier enseignement à tirer de ce projet, c’est que nous voulons participer à la construction de La Réunion de demain, nous savons que nous avons toutes et tous un rôle à jouer.

 

Tel un cycle, demain, les jeunes d’aujourd’hui devront assumer des responsabilités importantes, assurées hier par d’anciens jeunes quant à ce que nous faisons dans notre pays.

 

Cette notion de responsabilité exige de toute évidence la notion d’anticipation, aujourd’hui.

L’Organisation des Nations Unies a lancé en Août dernier l’Année Internationale de la Jeunesse. Une volonté de convier les jeunes aux tables de décisions parce qu’ils sont l’avenir mais aussi parce que leur situation ne cesse de se dégrader, payant plein pot les ravages de l’irresponsabilité de certains dirigeants de ce monde.

 

Le but est aussi de redonner de l’espoir à la fois aux jeunes mais finalement à toute la société. Le Secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur Ban Ki-moon, au moment du lancement de cette Année Internationale déclarait : « l’énergie propre à la jeunesse peut rallumer une économie qui vacille » et nous devons « reconnaître et célébrer ce que la jeunesse peut apporter à l’avènement d’un monde plus sûr et plus juste » avant de conclure sur la nécessité de le faire, notre destin à toutes et à tous, quelque soit notre âge ou notre race, était commun.

 

Une année placée donc sous le thème du « dialogue et de la compréhension mutuelle », un message fort à destination des jeunes via le slogan « Notre Année, Notre Voix ».

 

Devenir acteurs, dire ce que nous souhaitons, ce à quoi nous sommes attachés et ce que nous aimerions changer.

 

Partout dans le monde depuis le mois d’août 2010, les jeunes s’expriment et ils sont célébrés. En Décembre dernier à Pretoria en Afrique du Sud, était organisé le plus grand évènement de cette Année Internationale. Des milliers de jeunes, du monde entier, rassemblés sur plusieurs jours autour de débats, conférences sur des sujets de société.

 

Pour la première fois depuis des dizaines d’années, l’Ile de la Réunion fut représentée à travers une délégation de jeunes Réunionnaises et Réunionnais. Un moment exceptionnel, une expérience humaine, extrêmement enrichissante.

 

La Réunion, territoire insulaire au relief accidenté s’étend sur une superficie de 2 500 Km² et compte un peu plus de 800 000 habitants. La population est dite « jeune » car 35% des habitants ont moins de 35 ans. Cela s’explique notamment par un taux de fécondité encore élevé, une transition démographique non achevée. D’ici à 2 030 et selon les statistiques, l’île atteindra le million d’habitants. C’est une évolution considérable dont les conséquences ne doivent pas être négligées. La question est de savoir comment faire vivre correctement, sur un espace restreint, 10 000 personnes en plus par an et ce pendant les vingt prochaines années.

 

Des enjeux importants qu’il faut donc préparer et une préparation encore plus nécessaire quand les chiffres actuels révèlent une situation difficile, voire injuste.

 

Bandeau NLKLa problématique majeure reste l’emploi. Même s’il est vrai que cela concerne tout le monde, il n’en demeure pas moins que les jeunes sont ceux qui éprouvent le plus de difficultés. Depuis trois ans, le taux de chômage ne cesse d’augmenter, emmenant le nombre de personnes sans emploi à hauteur de 116 360, soit 28,9% de la population active. La Réunion continue à détenir le triste record de région française la plus touchée par le chômage.

 

Concernant les jeunes actifs, âgés entre 15-24 ans, plus de la moitié d’entre eux n’ont pas d’emploi soit 55,3%. En écho à cette année internationale, une situation qui justifie amplement que l’on accorde une attention particulière à cette catégorie de la population.


Bien évidemment, traiter la question du chômage sans la replacer dans un contexte n’a aucun sens, notamment lorsqu’il s’agit de trouver des solutions pour vaincre ce fléau. Un tissu économique fragile, peu d’activités de production, une politique de grands travaux au point mort, des spécificités locales et des besoins non pris en compte : autant d’éléments qui influent sur une situation difficile.

 

L’objet de ce projet et des pages qui suivent n’est pas de porter un jugement sur telle ou telle personne ou même sur tel ou tel parti. D’une part, chacun assumera ses responsabilités au fil du temps et d’autre part, ce serait faire preuve d’irresponsabilité même de se concentrer exclusivement à cette tâche au lieu d’être une force de propositions, de solutions, de perspectives.

 

Ainsi, nous avons voulu dans le cadre de cette Année Internationale de la Jeunesse faire remonter les propositions des jeunes. Parfois des propositions dans de grandes lignes, parfois des petites mesures qui ne sont pas moins importantes pour autant. Qu’importe finalement, tant que des propositions sont faites. Aussi, certains s’empresseront de dire que cela est impossible, nous leur disons « laissez-nous rêver de notre avenir ne serait-ce que pour tenter d’en faire une réalité ».

 

Il y a aussi celles et ceux qui s’empresseront de nous dire leur accord mais poseront les moyens de parvenir à ces volontés. C’est déjà mieux mais nous avons voulu détacher ce projet de toutes restrictions dues à des problématiques de mise en place.

 

L’Année Internationale de la Jeunesse est le moment de faire entendre la voix des jeunes, ça ne peut en soi être une fin mais c’est, nous pensons, un bon début. Ce projet, nos revendications, suggestions sont à destination de tous citoyens, aux responsabilités politiques ou pas, à toutes personnes ayant envie de travailler aujourd’hui pour l’avenir.

 

Nous n’avons pas la prétention de croire que ce que nous disons à travers ce projet est entièrement juste, fixé, gravé dans le marbre. Là n’est pas le problème. Notre souci est que toute la jeunesse puisse s’exprimer librement, librement sur son avenir.

 

Cela a nécessité plusieurs années de travail, beaucoup de rencontres avec d’autres jeunes, de différents milieux. Cela a surtout nécessité une certaine méthodologie. Après mûre réflexion et considérant que le fait le plus marquant à prendre en considération dans la construction de La Réunion de demain était sa croissance démographique, la perspective du million d’habitants a été un fil conducteur sans pour autant le faire au détriment d’une situation actuelle avec plus de 800 000 habitants.

 

Une fois cela fait, nous avons énuméré les grands domaines dans lesquels des changements peuvent et doivent être faits. Nous en avons dénombré huit :

De ces thématiques, trois sous parties étaient à compléter : les constats, les propositions et le développement de ces idées.

 

De là, les jeunes que nous avons rencontré ont pu apporter leurs contributions, soit via un fichier numérique, soit à travers des discussions où la question était de savoir, sur une thématique précise, ce qu’il y aurait à changer.

 

En préambule de ces thématiques, il convient de rappeler notre attachement aux principes, valeurs et droits qui ont forgé notre société et qui tendent trop souvent à se perdre. Parmi eux, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Pas un simple acheminement de phrases mais une base, des DROITS pour tout individu, acquis à force de luttes.


Quelque chose là encore de basique, diront certains, du papotage pour d’autres, une utopie pour certains. Nous disons et insistons, pour nous, des droits, simplement et que nous défendrons.

 

Parmi ces droits nous en rappellerons quelques uns : la reconnaissance de la dignité humaine, l’égalité en droits garante de la liberté, de la justice et de la paix, la liberté d’expression et de croyance, la lutte contre l’esclavage et l’asservissement , la liberté de réunion, le droit à la sécurité sociale, le droit au travail, le droit au repos, le droit à un niveau de vie suffisant ou encore, le droit à l’éducation....


Ceci étant chose faite, que puissent ces contributions de la jeunesse réunionnaise éclairer les acteurs de notre société aujourd’hui, mais aussi préparer les générations futures à assumer leurs responsabilités.

 

Jamais dans l’Histoire de notre île, trace a été faite de ce que souhaitent les jeunes. De simples contributions mais finalement un moment historique. Espérons que ces contributions soient le signe d’une nouvelle dynamique, le signe d’une jeunesse qui souhaite décider librement, apporter ses contributions, une jeunesse qui souhaite construire avec l’ensemble de la population, son île de demain.

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