Publié par AJFER

diplome.jpgL’égalité des chances des domiens face aux concours nationaux est une injustice que l’AJFER s’est toujours attachée à dénoncer. Le principe républicain de l’égalité des citoyens devant les concours de la fonction publique a été mis à mal pendant trop longtemps.

 

Un mouvement de jeunesse ne saurait aujourd’hui s’emparer des problématiques liées à la formation et à l’emploi sans montrer du doigt les inégalités de traitement qui nous distinguent encore aujourd’hui des citoyens de l’hexagone.

 

Le droit permet aujourd’hui d’annuler un concours dès lors qu’un participant parvient à démontrer que tous les participants n’ont pas passé le concours dans les mêmes conditions.

 

Comment pouvons-nous prétendre à une égalité lorsqu’un prétendant à un concours a dû faire 11 000 km et 10 h d’avion, avec des changements de température aussi conséquents et déstabilisants que nous connaissons ?


Ainsi, dans le projet fondateur de l’AJFER intitulé « Nou lé kapab, 1000 projets pour la jeunesse réunionnaise », nous nous sommes faits un point d’honneur à exiger que cette situation cesse.


Nous avons en effet rédigé : « Une injustice flagrante à l'île de La Réunion et dans les DOM-TOM, en général, est que les jeunes diplômés, ne peuvent d'une part pas prétendre à tous les concours existants sur le continent et souffrent d'autre part d'une concurrence déloyale, au sens où, contrairement aux résidents de l'hexagone, ils ne peuvent pas concourir à différents lieux pour un même examen, comme cela se fait couramment en France. Cela signifie que les iliens ont beaucoup moins de chance de participer et donc de réussir, alors que le but d'un concours, selon ses fondements, est de réduire les inégalités. Aussi une façon juste de finir ce type d’irrégularité est, par exemple, des dates communes à tous les concours d'une catégorie, comme cela se fait pour le concours des certifiés de l'Education Nationale. Si cela est réalisable pour quelques concours pourquoi il ne peut-il pas en être ainsi pour tous les autres? Une autre alternative à cette injustice est le passage des concours par visioconférence ou la délocalisation de tous les concours nationaux localement. ». (Projet dans son intégralité sur www.noulekapab.com)

 

En juillet 2009, lors des Etats généraux nous avons déposé notre projet au sein des différents ateliers et une copie a été envoyée directement au chef de l’Etat. Le projet « Nou lé kapab » a été également remis aux conseillers des différents ministres de passage dans notre île, notamment au conseiller du Premier Ministre.


Malgré la rencontre de tout ce beau monde, nous n’avons vu venir aucune avancée. Nous décidions alors de profiter de la venue du chef de l’Etat pour nous mobiliser encore davantage et sensibiliser la population par une campagne de collage d’affiches et de distribution de tracts d’information sur toute l’île. Grâce à cette mobilisation, nous avons pu obtenir une audience avec le conseiller politique du Président, Maxime Tandonnet.


Comme l’atteste le communiqué de presse que nous avons rédigé au lendemain du départ du Président en date du 20 janvier 2010, cette rencontre a été fortement imprégnée de la problématique de l’égalité des chances des Réunionnais dans l’accès aux concours nationaux : 


« Concernant notre audience, le conseiller a précisé dès notre arrivée qu'il était là pour nous écouter et qu'il transmettrait « exactement ce qu'on lui dira au président ». Il a ainsi qualifié notre mot d'ordre pour la priorité à l'embauche des Réunionnais comme « légitime. Par ailleurs, en ce qui concerne notre demande d'étude sur l'état de la situation en matière d'emplois, d'occupation de postes et de recrutement à La Réunion, le conseiller nous a informé qu'il fera « tout son possible ».


La thématique des concours nationaux et notamment de leur passage à La Réunion a été abordée. Nous lui avons fait part de notre point de vue, à savoir qu'il était primordial de tous les délocaliser (pas seulement les concours élitistes) afin d'assurer une meilleure égalité des chances. En réponse, il nous a fait savoir que cette question pouvait être pilotée par l'Etat et que des efforts pourront et devront être faits. »


C’est avec une grande satisfaction que nous apprenons aujourd’hui que le gouvernement a enfin ouvert les yeux sur cette profonde inégalité en délocalisant les concours de la fonction publique et donc en donnant la chance aux domiens de passer les concours à proximité de leur domicile.


Cette décision est une grande victoire pour l’AJFER. La liste de nos revendications est encore longue et les jeunes, avec l’AJFER, continueront donc à se mobiliser. Si un premier pas a été franchi en faveur de l’égalité des chances face aux concours, la lutte est encore longue contre les inégalités globales face à l’embauche aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé.

 

Au nom de toute l’équipe de l’AJFER,

Gilles LEPERLIER

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Mariette 05/07/2010 16:43



Je vous invite à regarder une excellente émission sur l'égalité des chances cause nationale ou incantation opportuniste ? Emission au cours de laquelle Hervé Morin, président du Nouveau
Centre a déclaré : ""La diversité souffre des blocages de la société française"


Hervé Morin s'y déclare également pour faire en sorte que les meilleures classes de TOUS les lycées puissent avoir accès aux classes prépas quelque soit le lycée. http://hrchannel.com/event/557/recrutement-et-diversite/egalite-des-chances-cause-nationale-ou-incantation-opportuniste



olivier974 08/03/2010 13:03


surtout merci Didier robert qui a déposé le projet de loi ! rendez à césar ce qui est à césar !