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Vendredi 21 octobre 2011 5 21 /10 /Oct /2011 06:53

En Tunisie était organisé ce dimanche le premier scrutin libre de l’histoire du pays. Lorsque Mohamed Bouazizi s’est immolé en décembre dernier nous étions peu à penser réellement qu’une telle lame de fond allait entrainer ces changements dans les pays arabes et permettre l’instauration de la démocratie.


La participation a été au rendez-vous, dépassant toutes les prédictions. Près de 90% des électeurs se sont déplacés aux urnes. C’est une victoire historique pour la démocratie et la preuve que les peuples de tous les pays y aspirent, contrairement à ce que les tenants du « choc des civilisations » professaient il y a de cela quelques années.  Rappelons tout de même le rôle fondamental de la jeunesse qui a été moteur dans la contestation du régime. Les jeunes ont massivement manifesté contre la corruption et le chômage massif dont beaucoup de diplômés étaient victimes.


« Un succès pour la démocratie »


Ces résultats positifs doivent cependant être analysés avec du recul et de la mesure. Les premiers résultats semblent donner une majorité, relative, au parti d’obédience islamique Ennahdha. Ce parti, qui respecte à l’heure actuelle les règles de la démocratie et qui a respecté la parité dans les candidatures législatives, n’est en soit pas un danger actuellement pour la démocratie. Si les résultats provisoires sont confirmés, alors on pourra en déduire qu’Ennahdha a notamment construit sa victoire électorale sur sa légitimité aux yeux des Tunisiens. Interdit sous Ben Ali, ce parti disposait cependant de relais sociaux sur le terrain extrêmement fort.


Des perspectives à définir


La place que devra occuper le mouvement social dans cette période postélectorale sera cependant prédominant. En effet si Ennahdha ne remet pas en cause l’Etat de droit naissant en Tunisie, sa politique économique est plutôt libérale. La composition de la coalition autour d’Ennahdha nous donnera des indications claires sur la perspective politique qui sera proposée aux Tunisiens. Les enjeux sociaux sont énormes et il faut que le mouvement social et que les jeunes soient capable d’avancer les revendications qui étaient les leurs lors de la révolution, et qui sont avant tout à l’origine de la remise en cause du système politique de Ben Ali et de l’instauration de la démocratie en Tunisie.

Par AJFER - Publié dans : FIJR - Communauté : Les blogs citoyens
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