Partager l'article ! Edito du Nou lé Kapab du 23/09/2011: Il y a de ces moments où des évènements pas forcément les plus gros, semblent faire arr ...
Il y a de ces moments où des évènements pas forcément les plus gros, semblent faire arrêter la Terre de tourner. Tristesse, colère, haine, peur, sont autant d’éléments qui, très vite, peuvent nous faire perdre toute objectivité.
Mathieu Schiller est mort et la mort fait partie de ses épreuves qui sont difficiles pour nos cœurs d’Hommes. Ainsi va la vie. Alors parfois, la mort arrive plus tôt que prévue, pas dans l’ordre des choses, que nous nous imposons. Parfois, la mort est brutale, comme un rappel soudain que nous sommes qu’une composante de ce monde et pas le monde, que nous ne sommes que de passage. Parfois aussi, la mort rappelle que la Terre est à l’origine un monde hostile, que l’Homme, par son intelligence, tente d’adapter pour se maintenir en vie. Mais ce système a aussi ses limites. Dans le combat Homme-Nature, c’est toujours cette dernière qui l’emporte, tôt ou tard.
Nous sommes animés par ce désir de repousser chaque jour un peu plus, les lois de la nature. Mais il y a aussi d’autres lois, humaines cette fois-ci que nous tentons aussi d’adapter pour la possibilité d’un vivre ensemble.
Aussi, quand la Nature frappe, nous sommes comme désabusés, impuissants, laissant place à des excès de comportements pour autant humains.
On l’a vu cette semaine, l’engouement autour de cette énième attaque de requins, enfin quatrième depuis le début de l’année, dont les médias ont très (très très très) largement contribué. Le sensationnel ça fait vendre, c’est connu et ça n’a pas échappé à la presse locale, soit. De toute évidence, nous tendons, face à ces situations dures et brutales à perdre une certaine clairvoyance.
Ainsi, durant quelques jours, la Réunion est devenue, au même titre que pour l’épisode du chikungunya, « l’île aux requins ». A l’exception près, que l’épidémie avait touché, fin 2006, 300 000 Réunionnais. Alors, oui la mort qu’il s’agisse de deux ou trois cent mille personnes reste la mort mais gardons, tout de même, l’idée d’une mesure appropriée.
La Réunion est touchée par de nombreuses problématiques qui concernent des milliers de Réunionnais : la pauvreté, le mal-logement, le chômage, … Des problématiques pour lesquelles on préfèrera, aux valeurs absolues, s’exprimer en pourcentage de population. Des chiffres qui relèvent désormais de la banalité, qui laissent beaucoup de nos dirigeants honteusement insensibles.
Parmi les dirigeants qui choisissent la facilité, qui profitent de la complexité des rapports humains, qui établissent leurs actes politiques en fonction de l’affecte d’une partie de la population pour tenter de grappiller quelques voix et surtout éviter les sujets plus brûlants, nous retrouvons la nouvelle Vice-présidente autoproclamée en charge de la mobilité des requins, Fabienne Couapel-Sauret.
A coup sûre, la mer c’est son élément, elle y envisage même d’y construire une route. Et puis finalement, la Région aujourd’hui entretient effectivement des liens intimes avec mer. Depuis un an, des côtes « préoccupation des Réunionnais », ils prennent le large.
Derniers Commentaires