Publié par AJFER

Le collectif d’associations (plus ou moins affiliées au Parti communiste) soutient n’avoir aucun grief contre les étrangers, mais estime que la situation sociale est telle ici que l’emploi doit revenir prioritairement aux autochtones (Photo : Éric Lejoyeux, Vidéo Johanne Chung To Sang).

Un collectif d’associations a dénoncé hier matin, l’emploi par EDF, de travailleurs européens sur la centrale électrique du Port. Pour elles, à compétences égales, la préférence régionale doit primer.

 

Square Labourdonnais, à quelques pas de la préfecture : c’est là que Jean-Hugues Ratenon (Association des Réunionnais Contre la Pauvreté), Gilles Leperlier (Association des Jeunes pour la Formation et l’Emploi à La Réunion), Monique Iori (Agir pou nou tout) et Maryse Dache (Comité des chômeurs du Port) se sont exprimés sur le coup de 10 heures.

 

Ils ont choisi ce lieu symbolique, parce qu’ils estiment que l’État porte une grande responsabilité dans ce qui se passe actuellement au Port. “Aucune personne venue de l’étranger, ne peut entrer chez nous sans l’aval des services de la préfecture”, fait remarquer Ratenon, toujours dans l’attente d’une réponse à la lettre adressée, la semaine dernière, à Michel Lalande.

 

L’ensemble de ces associations dénoncent l’embauche par EDF d’une centaine d’ouvriers européens (Tchèques, Bulgares, Espagnols), tandis que, selon l’entreprise, le recours à cette main-d’œuvre venue d’ailleurs se justifie par un défaut de “compétences pointues localement” (voir notre édition d’hier).

 

“Aucun traité ne peut résister à notre situation sociale”


Pour le collectif, EDF n’a pas su anticiper. “Cela fait longtemps que le montage des réservoirs de la centrale ainsi que l’assemblage des charpentes métalliques étaient programmés. La direction avait tout le temps de former du personnel local,” soutient Gilles Leperlier. Du reste, aussi bien Leperlier que Ratenon et les autres persistent à dire qu’il y a chez nous des ouvriers capables de faire face à cette demande.

 

Les contestataires vont même jusqu’à mettre en doute la réelle volonté d’EDF d’embaucher les autochtones. Selon eux, cette société ne serait pas la seule à agir ainsi. “La situation a cours aussi bien dans le public que dans le privé, notamment dans l’Éducation nationale,” poursuit Leperlier pour qui tout cela est “injuste, scandaleux, irresponsable”. Surtout à l’heure où les chiffres du chômage explosent à La Réunion. “Avec 53 % de chômeurs, notamment chez les jeunes, nous détenons le record d’Europe,” rappelle le poulain du Parti communiste, tandis que Monique Iori exige que “dans ces conditions, plus un seul emploi ne doit échapper aux Réunionnais.”

 

Elle avoue ne nourrir aucun grief contre les étrangers, mais : “A compétences égales, nous optons pour la préférence régionale.” Et Leperlier de charger en ces termes : “Aucun traité ne peut résister à notre situation sociale incomparable. Nous l’est pas plus, nous l’est pas moins. Donne Créoles travail.” Afin que le message passe auprès de la population et étant donné que les écrits restent, le collectif procédera à une distribution de tracts sur les villes du Port et de La Possession, ce vendredi. Il est également question d’alerter les parlementaires locaux, tandis qu’une manifestation devant les grilles de la centrale portoise n’est pas du tout à exclure. Le feuilleton ne fait que commencer…

 

A. J., Journal de l'île de la Réunion, 4 août 2011, lien  

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