Publié par AJFER - Nou Lé Kapab

À l'appel du parti communiste réunionnais et des dockers de la Sermat, une centaine de personnes s'est rassemblée au Port devant l'enceinte portuaire ce samedi 18 mai 2013 après-midi. La nomination par le préfet d'Alix Séry en tant que médiateur dans le conflit était au centre de toutes les discussions.

"Bien sûr nous ne sommes pas opposé à cette nomination, mais il faudra que le médiateur se penche sur la réalité des chiffres de l'entreprise" a commenté Danio Ricquebourg délégué CGTR de la Sermat.

Dans son discours au cours du meeting, le syndicaliste a martelé "oui à la reprise des activités économiques, non aux licenciements". Il a, par ailleurs, souligné que les dockers allaient se réunir ce samedi soir pour examiner la demande préfet concernant la suspension de la grève pendant la médiation. A noter que le médiateur Alix Séry a indiqué qu'il allait prendre contact avec la direction et les grévistes dès ce samedi soir.

Déterminés, les grévistes de la Sermat exigent donc que les acconiers reviennent à la table des négociations et prennent en compte la proposition de l'internalisation d'exploitation de 12 des 18 chariots cavaliers. Cette proposition – émise par la direction du travail -, permettrait, dit la CGTR, de sauver 19 emplois. Les dockers affirment aussi qu'ils "ne se mettront pas à genou devant les acconiers".

Un courrier envoyé aux acconiers par la fédération nationale des ports et docks va dans ce sens. La centrale syndicale en appelle au bon sens des patrons et prévient que la grève pourrait s'étendre à tous les ports de France si la situation reste bloquée à La Réunion.

Danio Ricquebourg ne semble pas croire que la direction de la Sermat soit disposée à laisser "parler son bon sens". Il a noté dans son discours "hier (vendredi – ndlr), en restant sur leurs positions et en disant qu'ils maintenaient les licenciements, les patrons ont monté à quel point ils sont arrogants". Il a ajouté en parlant à mots à peine couverts de dysfonctionnement dans la gestion, "mais ces patrons feraient bien de réfléchir à la nécessité de prendre un avocat". Il a affirmé "nous avons des documents comptables prouvant que la Sermat peut continuer à exister et à travailler avec les effectifs actuels, alors pourquoi vouloir licencier". 

Peu avant le début du meeting, le préfet Jean-Luc Marx avait annoncé qu'il nommait Alix Séry, directeur du travail à la retraite, en tant que médiateur dans le conflit. Le représentant de l'État a ajouté "je souhaite et je demande que la grève soit suspendue pendant la médiation, afin de permettre à la vie économique et sociale, en fait à la vie, de reprendre son cours". Danio Ricquebourg a indiqué que les dockers allait se réunir dans la soirée pour discuter de cette demande, mais il a indiqué : "nous voulons sortir du conflit, mais il faut que la Sermat conserve la maintenance des cavaliers. Oui à la reprise de l'activité économique, non aux licenciements".

Intervenant après lui, Jean-Yves Langenier, maire du PCR du Port, a estimé que la grève des dockers est aussi "un combat pour la dignité". Il a ajouté "on ne peut plus accepter que des patrons sans scrupules licencient des travailleurs simplement pour conserver leur profit à tous prix".

Parmi les personnalités qui ont fait le déplacement jusqu'au Port ce samedi après-midi, on notait la présence de Ivan Hoareau et Max Banon, dirigeants de la CGTR, Paul Vergès, sénateur communiste, Roland Robert, maire PCR de la Possession, Maurice Gironcel, maire de Sainte-Suzanne, Élie Hoarau, secrétaire général du parti communiste, Gilles Leperlier de l'AJFER et Jean-Hugues Ratenon de Rézistans.

En fin de meeting, Danio Ricquebourg a demandé aux dockers de se rassembler devant l'enceinte portuaire à 9 heures lundi "afin d'aller tous ensemble la manifestation organisée par l'AJFER devant la préfecture pour la défense de l'emploi".

Ipreunion.com - 18 mai 2013

D. Ricquebourg: "oui à la reprise de l'activité économique, non aux licenciements

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