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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 10:54

L’état fournit de nombreux chiffres, certains pour rassurer les marchés et d’autres pour tenter d’expliquer pourquoi le gouvernement UMP a décidé de geler les subventions aux collectivités, réduire les allocations, augmenter les impôts et les taxes et enfin la suppression des postes dans la Fonction Publique,  portant atteinte au service public.

 

Satisfaire les agences de notations

 

Après une croissance nulle puis en deçà des estimations, le gouvernement a décidé  d’intégrer dans le projet de loi de finances présenté au Sénat une baisse du déficit public de 5,7% du PIB cette année à 4,5% en 2012, puis à 3 % en 2013.  La dette de l’Etat est de près de 95,3 milliards d'euros en 2011 et devrait selon les estimations gouvernementales s'établir à 78,8 milliards en 2012.

 

Une nouvelle prévision de croissance de 1%, afin de conserver la note triple A. Le ministre de l'Economie, François Baroin, a déclaré mardi 22 novembre 2011 que tout était mis en œuvre pour « répondre aux objectifs que nous avons fixés, qui sont des engagements, avec des rendez-vous », afin de permettre à la France de conserver sa note triple A.

 

L'agence de notation Moody's a mis en garde la France, en cas de hausse durable de ses coûts de financement, l’agence baissera la note française. Cette annonce a réveillé les tensions et inquiétudes sur les dettes souveraines de la zone euro, faisant plonger les Bourses européennes. Malgré les mouvements de contestation, la dette souveraine perdure et les banques qui avaient bénéficié des aides de l’Etat, font pression pour que le gouvernement prenne des mesures de rigueur afin de répondre aux attentes du marché.

 

Chacun mettra la main à la poche

 

Ces mesures gouvernementales touchent tous les secteurs d’activité mais aussi les plus démunis. Parmi ces mesures,  les subventions de l’Etat aux collectivités devraient être diminuées, suite à la demande d’effort demandé par François Fillon.

 

Derrière les chiffres, des êtres humains. 1/3 de la population réunionnaise survit grâce aux aides sociales, la diminution des subventions de l’Etat aux collectivités qui reversent ces aides va entrainer une baisse pour les bénéficiaires. De même, le service public va être affecté par la diminution du budget national et local ainsi que la suppression des postes.

 

Au lieu de relancer la croissance et entreprendre des mesures vis-à-vis de l’emploi, le gouvernement a joué la carte du grand capital. Mettant à peine à contribution les hauts revenus et taxant à moindre échelle les transactions financières, ce sont les plus modestes qui subiront de plein fouet ce plan de rigueur.

 

Avec 60% des jeunes réunionnais au chômage, 120.000 illettrés, plus de 29% de la population réunionnaise sans emploi, 1/3 des ménages dépendant des aides sociales, La Réunion reste de nouveau dans sa misère et devra attendre un sursaut de la population pour que les choses changent et que les responsables politiques prennent leurs responsabilités vis-à-vis des Réunionnais, d’aujourd’hui et de demain.

Par AJFER - Publié dans : Journal Nou lè Kapab
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