Publié par AJFER

Mireille Rius, dont les mauvaises langues prétendent qu’elle serait un membre de la famille de Fabienne Couapel-Sauret, se souviendra sûrement longtemps de sa vraie-fausse embauche à la tête de l’Agence pour l’observation de la Réunion, l’aménagement et l’habitat (Agorah). Elle devait prendre ses toutes nouvelles fonctions, hier, matin, dans les bureaux situés sur le site de l’ancienne usine de La Mare à Sainte-Marie. Ceux occupés jadis par Philippe Jean-Pierre, qui avait préféré démissionner. Tout était, semble-t-il, calé. La présidente de l’Agorah, Fabienne Couapel-Sauret, par ailleurs vice-présidente de la Région, avait, dit-on, tout prévu, sauf… l’imprévisible, à savoir la montée au créneau d’associations telles que l’AJFER et l’ARCP, qui sont allées manifester à la pyramide inversée pour dénoncer le recrutement d’un "non-Réunionnais" en cette période où nombre d’élus, à commencer par Didier Robert lui-même, prônent la régionalisation des emplois dans une île où les chômeurs diplômés se comptent par milliers.

Le 12 avril dernier, dans un long communiqué, Fabienne Couapel-Sauret expliquait que les deux seuls Réunionnais qui pouvaient postuler à cette fonction "avaient décliné l’offre de l’Agorah" car ils avaient fait l’objet "d’une promotion interne dans leur travail actuel". En fait, ce que ne précise pas le communiqué signé de Mme Couapel-Sauret, c’est que les deux Réunionnais en question travaillent à l’Agorah. Juste après avoir été auditionnés par Mme Couapel-Sauret et consorts, ils ont été promus. Pour les dissuader de ne pas postuler à la direction de l’Agorah ? Et pour laisser le champ libre à Mireille Rius ? Mireille Rius était en poste comme directrice de l’urbanisme en Guyane. Elle avait déjà un boulot bien payé. Une chose est sûre : si Mme Rius a pris soin de boucler ses valises et de tout larguer en Guyane pour débarquer à la Réunion, c’est parce qu’elle a obtenu des garanties certaines sur son nouveau job à l’Agorah. Mais qui les lui a données ? Via son cabinet, le président de la Région, actuellement absent du département, fait savoir aujourd’hui à qui veut l’entendre qu’il n’a jamais validé cette embauche.

Qu’il ne peut pas vouloir, d’un côté, régionaliser les emplois à compétences égales dans la fonction publique et, de l’autre, recruter un non-local. A moins que, face à la pression, il ait décidé de faire machine arrière après avoir donné quitus à sa vice-présidente ? "Pas du tout", fait-on savoir au cabinet. Didier Robert n’a jamais validé ce recrutement et il assume ! Mais dans ce cas, qui commande à la Région : le président ou sa vice-présidente Fabienne Couapel-Sauret ? Qui a fait venir Mme Rius ? Qui a payé le billet d’avion ? Il ne s’agit pas ici de l’embauche d’un emploi vert… Mme Couapel-Sauret va-t-elle devoir remettre Mme Rius dans l’avion de retour à destination de la Guyane ? Dans cette affaire, ce n’est pas tant le spectacle de Gilles Leperlier (AJFER) et de ses camarades qui interpelle, mais la gestion "gros doigt" de ce recrutement par la Région que représente sa vice-présidente et présidente de l’Agorah, Fabienne Couapel-Sauret. Laquelle, si le cabinet dit vrai, aurait cru bon de passer par-dessus la tête de son président pour embaucher comme il lui plaît, qui plus est à l’extérieur (et peut-être même un membre de sa famille), avec l’argent des contribuables. Mme Couapel-Sauret n’en ferait-elle qu’à sa tête à la Région ? Pour l’instant, elle l’a (la tête) manifestement dans le sable

Edito d'Yves Mont-Rouge - Journal de l'île de la Réunion - 17 avril 2012

Commenter cet article