Publié par AJFER

Le monde n’est pas encore tout à fait sorti de la crise. L’étude annuelle du Bureau international du travail (BIT) divulgue des chiffres plutôt moroses en ce qui concerne l’emploi dans le monde. Malgré une reprise de la croissance, le chômage n’a pas vraiment diminué et le nombre d’emplois vulnérables reste élevé. Et malheureusement, tout porte à croire que la situation ne s’améliorera pas en 2011.


En 2010, la planète comptait 205 millions de chômeurs, troisième record annuel consécutif. Il y aurait 27 millions de chômeurs de plus par rapport à 2007, propulsant le taux mondial de 5,6 à 6,2%. La crise financière puis économique qui a frappé le monde en 2008 laisse des traces profondes dans le paysage social global, mais certaines régions sont plus touchées que les autres. 55% de la hausse totale entre 2007 et 2010 est le fait des économies développées. En revanche, des pays comme le Brésil, le Kazakhstan ou la Thaïlande ont obtenu de bien meilleurs résultats en revenant à leur niveau d’avant la crise.


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La reprise de la croissance n’a pas entraîné une hausse sensible de l’emploi. En fait, la capacité des économies à générer des emplois s’est particulièrement émoussé ces trois dernières années, l’expansion du marché du travail ne suit pas l’augmentation de la population en âge de travailler. D’ailleurs, bien que les statistiques aient légèrement baissé en 2010, ce sont les jeunes (15-24 ans) qui souffrent le plus de cette situation. Le taux de chômage pour cette catégorie de la population est passé de 11.8% en 2007 à 12.6% en 2010, avec un pic à 12.8 en 2009. L’étude souligne en outre que plusieurs centaines de milliers de jeunes ne rentreraient pas dans ce comptage, car ne cherchant pas activement du travail. Les auteurs y voient un signe de profond découragement de la jeunesse.


Au-delà du chômage, se pose également la question de la vulnérabilité de l’emploi. On estime à 1.53 milliards le nombre de travailleurs dans une situation précaire (travailleurs établis à leur compte et travailleurs familiaux non rémunérés), soit 50.1% du total. Alors que ces chiffres étaient en déclin avant la crise, ils stagnent depuis trois ans. D’autre part, l’extrême pauvreté au travail concerne une part très importante de la population mondiale, puisque près de 39% des travailleurs (soit 1.2 milliard) vivent avec leur famille avec moins de 2 dollars par jour.


Les prévisions pour 2011 ne sont pas très optimistes. La croissance mondiale devrait être légèrement inférieure à celle de 2010 (4.2% au lieu de 4.8%) mais on attend une baisse du chômage de 0.1 points, soit 1.7 millions de personnes. A titre de comparaison, la France seule compte déjà environ 2,6 millions de chômeurs.

Sources : Rapport du BIT, Communiqué de presse OIT

Affaires Stratégiques, 25 janvier 2011, lien 

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