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Journal Nou lè Kapab

Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 09:00

L'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) a décidé de l'admission de la Palestine comme membre à part entière par 107 voix pour, 52 abstentions et 14 voix contre parmi lesquelles les États-Unis, le Royaume Uni et le Canada.


Dans un discours, la directrice générale de l’organisation internationale, Irina Bokova, a rappelé le moment historique vécu par tous les représentants des Nations Unies. Une victoire diplomatique et symbolique significative pour les autorités palestiniennes, désireuses d’obtenir la reconnaissance de leur État à l’Onu.


« Nous vivons un moment historique, et nous ressentons tous, en  cet instant, la portée symbolique et l’importance de cette décision, pour le peuple palestinien et pour l’UNESCO. Elle est le fruit de l’aspiration d’un peuple à rejoindre pleinement la famille des  nations du monde, liées entre elles par une même ambition de paix, et le partage de valeurs communes » a-t-elle déclaré.


 « C'est une victoire de la justice »


Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a exprimé sa joie de la décision de l’Unesco vis-à-vis de son pays. « L’admission de la Palestine à l’UNESCO est une victoire du droit, de la justice et de la liberté », a annoncé le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas. « Nous considérons ce vote comme particulièrement important puisqu’une partie de notre combat contre l’occupation israélienne se livre contre les tentatives de l’occupant pour effacer l’histoire palestinienne et la judaïser. Le vote de l’UNESCO nous aidera à maintenir l’héritage traditionnel palestinien », a expliqué lundi 31 octobre, Ghassan Khatib, le porte-parole de l’Autorité palestinienne à Ramallah.


« C'est vraiment un moment historique qui rend à la Palestine certains de ses droits. La Palestine est le berceau des religions et des civilisations », s'est félicité devant les Etats-membres, le ministre des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne, Riyad al-Malki.


« L'entrée de la Palestine porte le nombre d'Etats membres de l'Unesco à 195 », a annoncé l’Unesco. L'énorme majorité des pays arabes, africains et latino-américains se sont prononcés pour l'adhésion, de même que la France qui avait pourtant émis de sérieuses réserves sur la démarche palestinienne. L'Union Européenne s'est divisée avec onze Etats pour et onze abstentions, dont le Royaume-Uni et l'Italie. Cinq états européens ont voté contre l’adhésion de la Palestine à l’Unesco, comme l'Allemagne.


Représailles en cascades


Américains, Canadiens et Israéliens ne sont pas du même avis. Les autorités canadiennes ont annoncé la suspension de sa contribution financière à l’Onu, qui avoisine 10 millions de dollars par an. De son côté, Washington a également annoncé la suspension d'un versement de 60 millions de dollars. Coup dur pour l'Unesco, car les États-Unis assuraient 22% de son budget, avec une contribution d'environ 80 millions de dollars par an.


Quant au gouvernement israélien, Benjamin Netanyahu a annoncé l’accélération de la colonisation de Jérusalem-Est et de Cisjordanie par la construction de 2.000 logements et le gel du transfert de fonds dus à l'Autorité palestinienne.  


Face à ces réactions, la Ligue Arabe s’étonne de l’action des Etats-Unis, d’autant plus que Barack Obama avait souhaité, lors de son investiture, voire la Palestine être reconnu par les Nations Unies. « Une telle initiative américaine influe négativement sur les efforts visant à relancer les négociations de paix » et entrave « leur succès », a estimé le chef de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi. Dans un communiqué publié au Caire, siège de la Ligue, Nabil al-Arabi, à la tête de l'institution dont les 22 membres soutiennent la demande palestinienne d'adhésion à part entière à l'ONU, s'est dit « extrêmement étonné » de la décision de Washington, acteur important du processus de paix entre Israël et les Palestiniens.

 

 

Par AJFER - Publié dans : Journal Nou lè Kapab
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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 08:58

Empêtré dans les affaires judiciaires, incapable de convaincre sur sa gestion de la crise, le gouvernement était peu audible ces derniers mois. La semaine dernière, l’interview millimétrée du Président fut le point d’orgue d'une opération de reconquête visant à lui donné une image de challenger.


De la pédagogie libérale en réponse au malaise populaire


L’interview du chef de l'Etat a en effet été orchestrée pour mettre en avant un capitaine de navire qui rassurerait par un cours de pédagogie libérale une population effrayée. Mais loin de rassurer, Nicolas Sarkozy a choisi de se positionner comme l’ennemi du mouvement social, selon lui « nuisible pour la France ». Attaque contre les acquis sociaux ou encore défense de la réforme des retraites, le président de la République a voulu faire croire que c’est en étant encore plus dur, encore plus sourd aux revendications sociales, que le pays sortirait de la crise. Il a ainsi préparé le terrain pour  réaliser dans les jours qui viennent de nouvelles mesures d'austérités qui pénaliseront davantage les populations fragiles.

 

Le Président Sarkozy a demandé à chacun de faire preuve de courage pour faire de nouveaux sacrifices, il balaie ainsi d’un revers de main l’injustice qu'est la rigueur qui plonge les populations européennes dans une crise sociale et économique sans précédent. Dans la ligne du plan annoncé par François Fillon, Nicolas Sarkozy a mis en premier lieu à contribution les jeunes et les salariés en baissant leur pouvoir d’achat et en limitant l’effort demandé aux plus riches. La taxe sur les mutuelles en particulier va rendre encore plus cher l’accès à la santé des étudiants sans mettre à contribution l’industrie pharmaceutique qui affiche pourtant des bénéfices de plusieurs milliards d’euros.

 

Un style qui ne convainc pas


Les spécialistes sont unanimes, l'émission de jeudi soir n'aura pas rassurée les français, elle n'aura servie qu'à redorer l'image d'un Président en déclin. Laurent Jauffrin, journaliste au nouvel observateur déclarait jeudi que "la mise en scène compassée de l'émission présidentielle ne grandit pas la politique et rabaisse la presse". Cette phrase du journaliste politique est une analyse réaliste de la communication élyséenne lors de l'entretient télévisée.

En effet, loin de répondre aux réelles préoccupations des populations frappées de plein fouet par la hausse du chômage et la baisse du pouvoir d'achat, l'intervention de Nicolas Sarkozy fut une énième fois marquée par une absence totale de réponse concrète et un trop plein de compassion d'un Président qui déclare que  "la France dépense trop" tout en oubliant de citer les budgets 2010 et 2011, les siens, qui prévoient des dépenses une fois et demie supérieures aux recettes.

 

Par AJFER - Publié dans : Journal Nou lè Kapab
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Jeudi 10 novembre 2011 4 10 /11 /Nov /2011 11:53

Il y a un an, après les incendies survenues au Maïdo, on pouvait entendre « plus jamais ça ». De toute évidence, on aurait pu éviter ce premier désastre en anticipant un peu les risques tout en ayant conscience de notre riche biodiversité et des enjeux que représente sa protection.

 

Mais les choses étant faites, il aurait été judicieux  de tout mettre en œuvre pour que l’Histoire ne se répète pas, plus que de l’anticipation qui a fait défaut il y a un an, il s’agissait de tirer les leçons de cet épisode dramatique.

 

A l’époque, la ministre de l’Outremer, Marie-Luce Penchard s’était déjà déplacée pour constater le tas de cendres…

 

Force est de constater un an après que notre île et plus particulièrement, notre forêt n’est toujours pas protégée des incendies. Et l’Histoire se répéta : incendies au Maïdo, des milliers d’hectares partis en fumée et une ministre qui vient constater, encore.

 

Cependant, à la différence de l’épisode de 2010 où le manque d’anticipation  si préjudiciable soit-il pouvait être mis sur le compte d’une erreur, voire d’une leçon, en 2011, les pouvoirs publics avaient pleine connaissance des dangers qui nous guettaient.

 

A partir de là, la responsabilité des pouvoirs publics est pleinement engagée de la prévention qui aurait dû être menée à destination du grand public aux mesures d’intervention en cas d’incendies.

 

Comment tolérer que l’Etat puisse mettre par exemple des milliers d’euros à l’époque dans des campagnes puantes vantant les bienfaits de la réforme des retraites ou encore l’urgence d’acheter un décodeur pour recevoir la télé numérique et ne rien voir sur l’importance de protéger notre forêt ?

 

Dans le même registre, force est de constater aujourd’hui que les institutions mises en place pour la protection et la valorisation de ces sites d’exceptions  tel le Parc National des Hauts ne sont pas en contact avec le peuple, pas dans la proximité, un travail en quelque sorte en catimini, qui font que « Nout parc » n’est pas approprié par les Réunionnais.

 

Un malaise démocratique

 

Ce malheureux évènement a aussi révéler une fois de plus, un certain malaise démocratique et  la question de la gouvernance du peuple par et pour le peuple. Les élus sont dans ce système un maillon essentiel. Pourtant, sur les incendies du Maïdo, alors que les élus demandaient majoritairement à ce que des moyens aériens soient envoyés, la position du Préfet, nommé, a suffi  à envoyer sur le banc de touche la demande des dirigeants politiques élus et d’une grande partie de la population. Quel est donc le sens de notre démocratie, quand un dirigeant nommé peut bloquer des volontés politiques de personnes élus et pour le coup, soutenue par une grande partie de la population? La question mérite d’être posée…

 

Et maintenant ?

 

L’incendie semble contenu, espérons que l’on y viendra à bout. Mais après ? De la prévention, à l’appropriation de notre patrimoine par l’ensemble des Réunionnaises et des Réunionnais, en les rendant véritablement acteurs de sa préservation, en passant par les processus d’urgence au cas où le pire se reproduirait malgré tout : autant de questions auxquelles nous devrons trouver des réponses. Pour de vrai, cette fois.

 

Quant au fonctionnement de notre démocratie dont nous n’avons pas à rougir mais dont nous ne pouvons pas non plus nous en satisfaire dans l’état actuel des choses, parions que le sujet aura encore mille et une occasions de revenir sur le devant de la scène.

 

Par AJFER - Publié dans : Journal Nou lè Kapab - Communauté : Les blogs citoyens
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Lundi 7 novembre 2011 1 07 /11 /Nov /2011 07:26

Cela va faire maintenant cinq semaines que la population mahoraise est dans la rue pour exprimer son mécontentement. Cherté de la vie, baisse du pouvoir d’achat, situation de monopole, situation d’injustice,… les raisons de la colère sont nombreuses mais sont elles vraiment incomprises.

 

Mis en avant durant les premiers jours de mobilisation, le prix des denrées alimentaires et principalement celui des « Mabawas », les fameuses ailes de poulet, est vite devenu le symbole de la contestation. Mais derrière ce symbole c’est toute la problématique de la cherté de la vie qui est dénoncée. A Mayotte, l’ensemble des denrées sont importées et sont détenus par trois grands groupes qui contrôlent le marché de l’importation au détaillant et qui détiennent chacun leur propre centrale d’achat. Les petits commerçants n’ont pas la possibilité de s’approvisionner auprès de leur centrale d’achat et donc de casser les prix. Nous sommes dans une situation de monopole sur l’importation, qui bloque le développement du commerce de proximité et de ce fait crée une situation d’oligopole. C’est cette double situation de monopole et d’oligopole qui maintient les prix à la hausse à Mayotte.

 

Face à cela, la ministre de l’Outre Mer, en visite à Mayotte, propose un « bon d’achat de 5€ » sur une dizaine de produits et applicable seulement pour deux mois, jusqu’au 1er janvier 2012. En refusant de voir la réalité de la situation, le gouvernement cautionne la double situation de monopole et d’oligopole et met de l’huile sur le feu en faisant passer le peuple mahorais pour des mendiants en distribuant des bons d’achats de 5€.

 

Mais plus généralement, cette crise est la conséquence directe d’un profond malaise qui règne au sein de la population mahoraise depuis plusieurs années. Elle révèle des problématiques sociétales en relation avec l’emploi, l’éducation, l’avenir des 54% de la population qui ont moins de 25 ans ou encore la redistribution des richesses. Ce sont toutes les questions des biens et services, de la communication, des banques, de la formation et de l’emploi qui sont posées.

 

Sur la problématique de la formation et de l’emploi se pose la question de la place des jeunes mahoraises et mahorais sur le territoire. Comme à La Réunion et le combat porté par l’AJFER depuis plusieurs années, c’est la priorité à l’embauche locale qui doit s’imposer. Avec 4000 jeunes entrants sur le marché du travail chaque année et des jeunes qui sont de plus en plus qualifiés, il devient urgent de pouvoir dresser le besoin prévisionnel en emplois qualifiants à Mayotte sur plusieurs années afin de garantir l’avenir des jeunes mahorais et celui de Mayotte. C’est la un front commun de lutte qui s’est créé entre les jeunes de La Réunion et de Mayotte pour la priorité à l’embauche locale.

 

Enfin, face à cette situation d’injustice sociale, l’Etat refuse de voir la réalité et ne prend pas des mesures d’urgence pour sortir Mayotte de la crise. Pire, depuis le début des négociations, l’Etat se place en tant que médiateur et non en tant qu’acteur et refuse de prendre ses responsabilités. L’attitude de l’Etat ne fait qu’aggraver la situation sur place.

Par AJFER - Publié dans : Journal Nou lè Kapab
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Jeudi 3 novembre 2011 4 03 /11 /Nov /2011 07:14

Contrairement à ce que chacun pense, les Réunionnais ne sont pas si passifs. En effet, en 1811, Elie, forgeron, lance la révolte contre la condition inhumaine faite aux esclaves et tente de rétablir la vérité sur les esclavagistes criminels.


A l’heure où le Monde Arabe est en pleine ébullition, se souvenir d’Elie est l’occasion pour les Réunionnais de prendre conscience que l’ordre établi peut être changé. Cette année 2011 rend hommage à « Élie, un combattant Réunionnais de la liberté », assassiné le 15 avril, lors de l’exécution il y a 199 ans de onze esclaves rebelles à Saint-Paul (quatre), à Saint-Leu (cinq) et à Saint-Pierre (deux). Deux autres furent décapités publiquement le 24 avril à Saint-Benoît. 


Que s’est-il passé ?


Entre le 5 et 11 novembre 1811, La Réunion est sous gouvernance anglaise, près de 200 esclaves conduit par un esclave créole du nom d’Elie, descendent pour en découdre avec les oppresseurs, comprenaient les esclavagistes. Peu armés, ils brandissent un étendard à leur couleur, une croix et 3 sagaies sur un fond bleu, et appellent tous les esclaves à les rejoindre, sans succès. Le 8 novembre, selon l’historien Prosper Eve, un conflit éclate entre des hommes armés et une cinquantaine d’esclaves. Parmi eux, 52 esclaves seront arrêtés pour être transférés à Saint-Paul et les autres seront traqués pendant plusieurs jours. 


D’après les historiens, ce mouvement a été « la seule révolte aboutie, comparée aux autres projets de soulèvement vite étouffés,  par délation ». Jean, le premier chef de cette révolte, sera rapidement mis au fer, mais la révolte ne s’arrêtera pas. Elie, le nouveau chef désigné, assisté de ses 2 frères, Gilles et Prudent, mène les insurgés.


Face à eux, une petite milice de colons armés se forme pour poursuivre les insurgés. Les colons installent un guet-apens et parviennent à arrêter les révoltés en tirant à vue. Une vingtaine d’entre eux est tuée. Certains seront pris et enfermés, et les autres encore sont pourchassés avant d’être emprisonnés à leur tour et d’être traduits en justice. Les procès se succèdent dans la Cathédrale de Saint-Denis, où trente condamnations à mort seront prononcées. Les condamnés seront exécutés  dans toutes les régions de l’île à titre d’exemple.

Par AJFER - Publié dans : Journal Nou lè Kapab
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