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Journal Nou lè Kapab

Mercredi 23 novembre 2011 3 23 /11 /Nov /2011 07:01

« De façon inhabituelle, le conseil régional arrive en tête des annonceurs au troisième trimestre, devant les opérateurs SFR et Only, le concessionnaire Renault et l’opérateur Orange », voilà ce que l’on pouvait lire cette semaine dans la presse locale.

 

Pas de grandes surprises car nombreux sommes-nous s’être fait la remarque depuis plus d’un an « la Région communique beaucoup », pour ne pas dire « trop ».

 

Communiqué pourrait être un simple choix sans trop de grandes conséquences… Mais en ces temps de rigueur, on surveille un peu plus les finances… et toutes ces communications ont bien évidemment un coup.

 

Au niveau national, la cour des comptes a récemment épinglé le budget communication du gouvernement pointant du doigt particulièrement l’opacité du dispositif, les montants dépensés et leur pertinence.

 

Dans le même registre, alors que les travailleurs ont de plus en plus de mal à trouver un travail et encore plus un travail décent, la rémunération du chef de l’Etat a été gelé aux environs de 19 000€ par mois. 


Alors que l’on demande aux Français de se serrer encore un peu plus la ceinture pour rééquilibrer les comptes de l’Etat, force est de constater que les efforts demandés ne sont pas les mêmes pour tous. Et c’est bien là le problème.

Par AJFER - Publié dans : Journal Nou lè Kapab
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Mardi 22 novembre 2011 2 22 /11 /Nov /2011 09:38

Le troisième plan d’austérité annoncé par Nicolas Sarkozy, fin octobre, vient d’être dévoilé par le Premier ministre, François Fillon, qui a mit à exécution les directives politiques du chef d’état. Tous les secteurs d’activité ont été touchés, de la restauration à l’aide à la personne, en passant par le gel des salaires des ministres à la réduction des subventions des partis politiques.

 

Le porte monnaie va s’amoindrir. Cette fois le gouvernement prévoit un « effort supplémentaire de 65 milliards d’euros en 2013 » pour « atteindre 0 déficit en 2016 ».  Mais avant cela, une série de mesures a été annoncée pour économiser entre 6 et 8 milliards d’euros.

 

Des mesures en cascade

 

Parmi elles, gel du salaire des hommes politiques, y compris celui du président de la République, qui s’était largement augmenté en arrivant. Les dépenses pour les campagnes électorales seront limitées ainsi que les aides pour les partis politiques abaissées à 5%. En dépit de la mobilisation de la jeunesse contre la réforme de la retraite, qui prévoit le passage de 60 à 62 ans de l’âge de la retraite, celle-ci sera accélérée.

 

Dans le secteur tertiaire, le Premier ministre a annoncé une hausse de la TVA de 5,5% à 7% dans la restauration, l’hôtellerie et les travaux du logement. Un prélèvement forfaitaire libératoire sera fait sur les revenus de l’épargne qui passe de 19% à 24%. De plus une surtaxe sur les bénéfices des grandes sociétés réalisant plus de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires devra être créée.

 

Concernant les prestataires des aides sociales, l’État a décidé d’indexer les prestations sociales sur la croissance qui vient d’être revue en baisse, de 1,75% à 1%, pour 2012, et non plus sur l’inflation, qui se situe autour de 2% par an. Ce qui veut dire que les allocations devraient augmenter si la croissance augmente. Les dernières estimations ont été revues à la baisse, car  la prévision de croissance pour 2012 est ramenée de 1,75% à 1%.

 

Les plus démunis victime de la politique UMP

 

L’indexation des prestations sociales concerne aussi bien les allocations familiales que les pensions de retraite, mais pas les "minima" sociaux (RSA-socle minimum vieillesse, allocation adulte handicapé...). Le gouvernement a également indiqué que la hausse des dépenses d’assurance-maladie sera ramenée à 2,5% contre 2,8% pour 2012, ce qui devrait augmenter le budget santé des ménages, avec la précédente hausse des mutuelles et des prestations des médecins traitants.

 

Le gel des dotations de l’état envers les collectivités territoriales aura également un impact pour les prestataires des aides sociales, en effet, le transfert des compétences a conduit le Conseil Général a reversé les minimas sociaux. L’indexation des prestations sociales sur la croissance aura un effet stagnant, si ce n’est diminutif, en raison des réductions budgétaires des collectivités. La politique UMP, visant à protéger les plus riches, notamment les fortunes de Liliane Bettencourt ou encore Arnaud Lagardère, s’acharne sur les plus pauvres et notamment ceux qui ont besoin des aides sociales pour vivre, si ce n’est survivre. A La Réunion 1/3 des Réunionnais bénéficie des minimas sociaux, plus de 29% sont au chômage et 49% de la population Réunionnaise vit sous le seuil de pauvreté. Force est de constater, qu’à La Réunion, la situation sociale et économique va se détériorer et qu’une nouvelle politique doit être mise en place en fonction des spécificités de l’île.

 

Par AJFER - Publié dans : Journal Nou lè Kapab
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Mardi 22 novembre 2011 2 22 /11 /Nov /2011 09:21

Disputes, crises de jalousie, séparation, refus de divorce, violences conjugales...les femmes puching-ball seraient deux fois plus nombreuses à la Réunion qu'en France hexagonale.  Du coup, le taux d'hommes violents serait plus élevé sous le soleil...la faute à la crise, à la précarité, à la société, au système patriarcal, à l'image de plus en plus dégradée de la femme devenue corps-objet publicitaire, la faute à la fatalité, la faute à personne?  Le sujet choque l'opinion publique, indigne la femme émancipée, mobilise dans les marches blanches, rassemble les féministes et continue à faire couler de l'encre. Parlons-en...

 

Pour pouvoir mettre des mots et définir cette violence chiffrée, apparaissant sans cesse sous forme de statistiques qui agrémentent les pages des faits divers de nos médias locaux, les violences faites aux femmes désignent des violences en situation de couple ou hors du couple.  Selon les champs d'observation sur lesquels l'Observatoire régional de la santé a travaillé pour son enquête, les violences peuvent être verbales (menaces de mort, injures), économiques (spoliations, contrôle des biens matérielles, interdiction de travailler), matérielles (dégradations volontaires, confiscation ou vol de documents) ou encore, physiques (coups avec ou sans l’utilisation d’un objet, strangulations, séquestrations, agressions sexuelles, viols,  actes de tortures ou de barbarie). Ces violences peuvent aller loin...parfois jusqu'à l'homicide.

 

Plus loin que de simples désignations, ces mots recouvrent des réalités encore trop subies, par ces femmes à qui l'ont rend toujours hommage lorsqu'il est trop tard...

 

A la Réunion, 15% des femmes se déclarent victimes de violences contre 9% en France hexagonale. Ce sont en moyenne trois plaintes par jour qui sont déposées et dans 80% des cas, c’est pour des violences physiques.

 

De la violence faite aux femmes, certains parleront de phénomène de société, de fléau régional, de problème universellement reconnu...l'essentiel est de ne pas tomber dans la fatalité. La lutte contre la violence faites aux femmes s'inscrit dans la lignée des  combats historiques menés pour le respect, l'égalité et les droits des femmes. Il faut admettre que ce problème est pris en considération même si les efforts en la matière doivent redoubler d'intensité. Plus loin, de nombreuses pistes de réflexions doivent être approfondies.

 

Gérer les conséquences de ces violences est une chose mais il ne faut pas oublier de traiter les causes, en d’autres termes, le problème à la racine.

 

Pour répondre à ce fléau, la lutte contre les violences faites aux femmes a été décrété « grande cause nationale » en 2010. Cette priorité s'est traduite dans la loi du 9 juillet 2010, qui donne des moyens supplémentaires afin de prévenir les violences. Mais force est de constater que le compte n’y est pas encore notamment en ce qui concerne les finances.

 

Le travail des associations dans l’accompagnement et la prise en charge des ces femmes est primordial. Au niveau local, ce sont les militantes de l'Union des Femmes Réunionnaises (UFR) qui ont été les pionnières dans ce domaine. Aujourd'hui encore, elles continuent un travail commencé il y a des années. Une permanence quotidienne est tenue pour venir en aide aux femmes victimes de violences conjugales. L'UFR reçoit un appel de femme chaque jour et assure une prise en charge complète et un suivi des victimes: de la prise d'un certificat médical, à la prise de contact avec un avocat, ce sont également une écoute et un soutien que ces femmes peuvent trouver auprès des associations.

 

Beaucoup de femmes n’osent pas rompre le silence

 

Malgré des avancées dans la prise en charge des femmes victimes de violence, l’un des obstacles résident dans le fait que beaucoup n’ose pas faire la démarche et rompre le silence. Conditionnées dans des schémas sociaux et parentaux qui les placent dans cette position d'infériorité, la femme soumise a du mal à quitter ce statut pour une émancipation assumée. Les représentations de nos femmes véhiculées par l'image, en particulier par la publicité, révèlent la difficulté de sortir des schémas types imposés par des millénaires de discriminations et de stigmatisations des femmes. Le combat des associations féministes et les luttes, en matière de droit des femmes, en général, révèlent des problèmes d'éducation directement liés à la conception des premières représentations quant à la place des femmes.

 

En attendant de changer les perceptions, à la fois celle des hommes sur les femmes et celle des femmes sur elles-mêmes... il est primordial de rompre le silence!

Par AJFER - Publié dans : Journal Nou lè Kapab
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Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 08:52

Le Secours catholique a analyse dans son rapport publié, le 8 novembre, la montée de la précarité chez les jeunes et le décrochage d'une partie des 18-25 ans. En 2010, 12 % des situations rencontrées dans les permanences du Secours concernaient les moins de 25 ans.


Sur son site le Secours catholique explique que « Les jeunes subissent de plein fouet la crise économique et sociale, ils sont plus diplômés, plus qualifiés que les générations précédentes mais paradoxalement plus précaires. Ils cumulent tous les risques et toutes les difficultés. Ils devraient bénéficier d’un certain nombre de droits (formation, emploi, santé, logement) mais ce n’est pas le cas ». Fustigeant l’action, voire l’inaction de l’état, l’institution indique l’absence de l’état auprès des jeunes. « Ainsi, 30% des jeunes accueillis par le Secours Catholique sont sans aucune ressource, 36% en logement précaire, et plus de 40% sont au chômage ».


Le profil des jeunes a changé


Le stéréotype du jeune en marge de la société et en colère contre ses parents existe toujours mais voit arriver des jeunes avec des caractéristiques globales diverses, qu’ils soient dans une « extrême pauvret » (17%), travailleurs (14%) ou en recherche d’emploi, étudiants, ou en formation (21 %). Parmi ces catégories, le Secours catholique doit faire face chaque jor à des jeunes mères bénéficiaires du RSA (22%), des jeunes familles étrangères (9%) et des jeunes familles françaises (17%).


Les crises structurelles et conjoncturelles de la France ont entrainé un recul de l’emploi et une hausse du chômage, « Le chômage des 18-25 ans rencontrés par le Secours Catholique est nettement plus important qu’en 2000 (+7 points). Lorsque malgré tout, ils accèdent à un travail, il s’agit souvent d’un contrat précaire qui ne leur donne pas droit aux indemnités de chômage » expliqué l’association.


Une génération précaire et désespérée


L’association a  reçu plus de 106.000 jeunes dont 20.540 étudiants en situation difficile, « ces chiffres douloureux ne sont que la partie émergée de l'iceberg : beaucoup n'osent tout simplement pas venir demander de l'aide » a expliqué Julien Lauprêtre, président du Secours catholique.


Ce dernier ajoute qu’« Avec la crise, la paupérisation gagne du terrain, les familles ont de plus en plus de difficulté pour soutenir financièrement les jeunes. On me parle de repli sur soi, d'égoïsme de notre société, je n'accepte pas cette explication, la pauvreté est bien là. (…) Qu'on ne me dise pas non plus que les jeunes qui dorment dehors l'ont choisi. La situation sociale a changé, le syndicat de la cloche n'existe plus ! »


A La Réunion, 60% des jeunes sont au chômage, 49% de la population Réunionnaise vit sous le seuil de pauvreté et la population totale de l’île compte 54% de moins de 25 ans. La précarité, l’augmentation du chômage et la dégradation des conditions de vie sont exacerbés et devraient à terme pousser les jeunes dans la rue, afin que leurs droits soient respectés et leurs voix entendus par les décideurs politiques. 


Par AJFER - Publié dans : Journal Nou lè Kapab
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Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 08:51

Il y a de ces interventions lors des grandes réunions des dirigeants de ce monde que tout le monde peut comprendre et qui bien souvent nous parle bien plus que les allocutions de nos propres dirigeants. Malheureusement, ces interventions arrivent à nous beaucoup plus difficilement. Ainsi, l’intervention au G20 du secrétaire national des Nations Unies, Monsieur Ban-Ki-Moon, est quasiment passée inaperçue au profit de la crise grecque, pas faute pourtant d’avoir prévenu que « ce sommet ne doit pas seulement consister à jouer les pompiers de la finance ».  


Après avoir dressé une énième fois un état très inquiétant de la situation notamment en ce qui concerne l’emploi Ban-Ki-Moon n’a pas manqué de rappeler l’importance de la croissance mais a aussi et surtout insister sur les effets qu’elle devait apporter, à savoir, de l’emploi. Alors que le chômage augmente presque partout et que les inégalités se creusent, le secrétaire général de l’ONU a indiqué que « certains parlent de reprise mais que trop peu la ressente », allant même jusuq’à parler de « monde déséquilibré ».

 

Selon lui, « si la croissance est cruciale, nous savons aussi que la croissance ne signifie pas automatiquement des emplois », avant d’ajouter que « les responsables politiques doivent faire de l’emploi, une priorité ».  


Un nouveau contrat social


Pour cela, Ban-Ki-Moon suggère un nouveau contrat social pour le 21ème siècle. Ce nouveau contrat social doit selon lui inclure « un pacte global sur l’emploi » ainsi qu’ « un socle de protection sociale avec des garanties solides pour les plus pauvres et les plus vulnérables ».

 

De toute évidence ce ne sont que des paroles, qui après tout, ne mangent pas de pain. Mais l’intervention du secrétaire national des Nations Unies a au moins le mérite de poser une question fondamentale, à savoir quel est notre but ?

 

Qu’allons-nous faire de la crise ?


En effet, si le sauvetage des banques, du marché financier est une fin en soi et qu’il n’entraîne pas de véritables changements dans notre manière de penser, en prenant par exemple plus en considération l’aspect humain au lieu de l’aspect financier, si nous ne pouvons sortir grandis de ces dures heures, si la résolution de la crise fait perpétuer les inégalités sociales, l’injustice, alors nous aurons échouer.

 

Finalement, notre problème n’est pas la crise mais ce que nous en ferons. Les choix résident dans la vaincre momentanément en ne sortant pas du système ou se remettre en cause, innover, changer notre manière de penser, changer le monde. On y revient : résister, c’est créer. Créer, c’est résister.  


L’emploi à la Réunion


C’est un grand enjeu et ça devient plus qu’urgent d’autant que personne ne sait aujourd’hui quel est le seuil de tolérance des Réunionnais face aux chiffres du chômage. L’appel des Nations Unies à faire de l’emploi une priorité devrait tous autant que nous sommes nous interpellés. C’est un but que nous devons atteindre. D’un système créateur d’injustices et chômeurs à l’’impact des projets publiques sur l’emploi en passant par la force de l’entreprenariat, autant de pistes qui sont à explorer.

Par AJFER - Publié dans : Journal Nou lè Kapab
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